Montesquieu *
« »Le droit du sol est l’absurdité qui consiste à dire qu’un cheval est une vache parce qu’il est né dans une étable. »
Montesquieu
Qui suis-je?
« »Le droit du sol est l’absurdité qui consiste à dire qu’un cheval est une vache parce qu’il est né dans une étable. »
Montesquieu
Qui suis-je?
Притури са планината, че затрупа два овчеря, че затрупа два овчеря, два овчеря па другаря.
Първи моли, пусни мене, мене чака първо любе, втори моли, пусни мене, мене чака стара майка.
Прага отваря планината, ха ги пази два овчеря, любе жали ден до пладне, майка жали чак до гроба.
Il s’est passé quelque chose dans les montagnes deux bergers ont été enterrés, deux bergers ont été enterrés, deux bergers qui étaient des amis.
L’un demande, laissez-moi aller, mon premier amour m’attend.
L’autre demande, laissez-moi aller, ma vieille mère m’attend. La montagne s’ouvre et garde les deux bergers.
La bien-aimée pleure un long moment, la mère pleure jusqu’à la tombe
http://video.google.com/videoplay?docid=-320706258199040325
« Une telle connerie dépasse l’homme. Une hébétude si fantastique démasque un instinct de mort, une pesanteur au charnier, une perversion mutilante que rien ne saurait expliquer, sinon que les temps sont venus, que le Diable nous appréhende, que le Destin s’accomplit. Nous crevons d’être sans légende, sans mystère, sans grandeur. Les cieux nous vomissent. »
Les Beaux Draps, Louis-Ferdinand Céline
Lorsque je la vis la première fois, je me suis dit : « Voilà une minette qui a du chien. » Bien que je ne me considère pas comme un chaud lapin, à force de penser à elle, je finissais par tourner chèvre, et elle fine mouche, attendais que je lui déclare ma flamme.
Je lui donnais donc rendez-vous et lorsque j’arrivais, je ne vis pas un chat. Je me dis : comme toutes les souris, elle aime se faire attendre, il n’y a pas de quoi casser trois pattes à un canard, elle ne m’a quand même pas posé un lapin. Au bout d’un bon moment que je faisais le pied de grue, elle arriva enfin, elle avait visiblement couru car elle soufflait comme un phoque. Moi, j’essayais de noyer le poisson en lui balançant deux ou trois blagues de mon cru, elle se mit à rire comme une baleine, je ne pus m’empêcher de penser: « quelle bécasse » mais ne relevais pas et décidais de faire l’autruche.
Au début de notre idylle, tout allait pour le mieux, elle me faisait l’amour comme une panthère, se collait à moi comme une chatte en chaleur, me chouchoutait tellement que j’étais comme un vrai coq en pâte, et un jour on s’est dit « il faut qu’on cohabite de cheval! » ».
Mais vous savez ce que c’est, l’amour rend aveugle, ou tout du moins myope comme une taupe, les mois suivants, j’ouvrais les yeux, Et me rendis compte que plus le temps passait, plus elle me traitait comme un chien.
Au lieu de me mettre à gueuler comme un putois, je décidais de l’amadouer. Je lui ai fait mes yeux de crapaud mort d’amour, j’ai versé des larmes de crocodile, je me suis fait doux comme un agneau, mais finalement, j’ai du filer comme un lièvre quand j’ai compris qu’elle me prenait pour un pigeon. Forcément, cette rupture, ça m’a filé le bourdon, je suis resté plusieurs semaines complètement prostré, muet comme une carpe, même mes potes les plus proches, avec qui je suis copain comme cochon, ont essayé de me tirer les vers du nez, mais rien n’y faisait, je restais fermé comme une huître.
Mais un matin, j’en ai eu mare de dormir comme un loir, je me suis mis debout, fier comme un coq, je me sentais fort comme un taureau, je me sentais frais comme un gardon, parce que je venais de me rendre compte que de toutes façons je ne perdais rien car finalement elle était plate comme une limande, têtue comme une mule, elle avait une langue de vipère et surtout, surtout, un rire de canne à faire péter les oies.
De plus, au fond de moi, je sais qu’un jour il me tombera une petite caille toute chaude dans le bec, elle aura des yeux de biche, un corps de gazelle nous roucoulerons comme des tourtereaux je la prendrais dans mes bras, avant de la prendre. en levrette et nous nous endormirons dans notre nid douillet.
C’est vrai, quoi, après tout, on n’est pas des bêtes.

« Je me souviens, quand j’étais jeune, j’avais le coeur pur. Je lisais Charlie Hebdo, j’écoutais Noir Désir et je défendais les pauvres gens avec sincérité et avec foi. TF1 et l’abus d’alcool ont obscurci mon âme au fil du temps.
Il y a bien eu des signes avant-coureurs, je dois vous avouer, pour être tout à fait honnête. Par exemple, je n’ai jamais été athée… je ne pensais que du mal de Jean-Paul II et de la religion catholique bien sûr, mais j’ai toujours cru en Dieu d’aussi loin que je me souvienne. Et puis j’étais pour le port libre des armes aussi, convaincu que personne ne serait mieux placé que moi-même pour défendre mon intégrité physique en cas de problème. Enfin, j’ai toujours été plus ou moins misanthrope je crois. Les gens m’ont toujours semblé décevants et surprenants de bêtise. Partout, de surcroît si j’étais accompagné de plusieurs personnes, j’ai été plus ou moins solitaire.
Tout ces signes étranges auraient dû m’alerter sérieusement… mais je préférais faire la sourde oreille et continuais donc ainsi pendant longtemps à écouter du punk-rock français, à prendre position, lors de dîners dominicaux avec des beaufs, pour une immigration totalement libre et sans entraves, à regarder Canal+ en fumant des joints et en mangeant des chips, à vénérer La femme, à acheter Charlie hebdo, à mépriser le chasseur et le sportif et à espérer fièvreusement l’avènement d’une saine dictature prolétarienne (non violente).
J’étais un citoyen du monde et la laideur, l’égoïsme, l’envie, la haine, jamais ne venaient souiller mon coeur d’humaniste intégral. J’avais tout un tas de répliques et de solutions préétablies à tout un tas de problèmes complexes. C’était pratique. Par exemple, quand on m’annonçait qu’un groupe de jeunes de 13ans avaient décapité un type qui leur avait refusé une cigarette, je répondais: « Il faut investir dans l’éducation et ne surtout pas stigmatiser les étrangers d’origine étrangère ». Quand on m’apprenait, les yeux injectés de sang et la bave aux lèvres, qu’un pédophile quelconque avait violé plusieurs enfants, livré d’autres à des réseaux pédophiles, je notais avec profondeur: « La peine de mort nous ravale à l’état de celui que nous souhaitons combattre ».
Bref, j’étais un con, oui, il me faut bien le reconnaître, mais je passais pour sympathique et vertueux aux yeux des gens. Aujourd’hui, je suis toujours plutôt stupide comme garçon, mais en plus de ça, je suis anthipathique au possible.
Amen, j’ai envie de dire »