du latin selitus (dresser) et du grec phrenitios (posséder, serrer, maintenir, tenir un fromage). Art du dressage du corbeau utilisé par les bûcherons qui n’ont plus de quoi nourrir leurs enfants et qui ne souhaitent pas les abandonner dans la forêt. Pour gagner leur vie, les bûcherons se recyclent dans la chasse au renard, et pour ce faire, pratiquent le quipolinage.
« La sélitophrénie consiste essentiellement à apprendre au corbeau à tenir dans son bec un fromage, ce qui n’est pas évident. Le corbeau possédant un bec plus petit que la plupart des fromages connus, les dresseurs commencent à travailler avec animal en lui faisant tenir des fromages très petit (Apéricubes) puis des quartiers de fromage (Vache qui rit), puis des demi-pont-l’évêque, et passent ensuite au camembert et au reblochon. La roue de gruyère est exclue.
Pour ce qui concerne les fromages forts (genre roquefort), il est recommandé de l’adoucir avec du beurre. On évite également l’utilisation du munster tel qu’il est consommé généralement car le corbeau n’aime guère le cumin. Lorsque le volatile a pris l’habitude de tenir dans son bec un fromage (ce qui peut prendre des mois, voir des années), il reste à résoudre un problème important: habituer le corbeau à être perché sur un arbre sans être déséquilibré par le poids du fromage, donc sans tomber, ou lâcher le fromage, ce qui flanquerait tout par terre.
La dernière difficulté, pour les dresseurs de corbeaux, consiste à habituer l’oiseau à voir arriver un renard par l’odeur alléché sans s’enfuir en abandonnant le fromage. Pour ce faire, les dresseurs utilisent des renards en peluche ou en matière plastique et, depuis quelques années, projettent au corbeau des images de renards à l’aide de cassettes vidéo ou CD-Rom. »
Technique de pointe, écologie et fromage artisanal, Presses universitaires de France.









