Derniers jours de ma vie de jeune fille *
« Ma vie devint tout autre. Même entourage, mêmes personnes, moi aussi j’étais la même, mais en apparence seulement. Mon moi s’en était allé je ne sais où. Le même sentiment qui s’était emparé de moi à Iasnaïa Poliana et à Ivitzi continuait à me posséder. Mon moi s’était maintenant fondu en un tout immense, libre, tout-puissant, infini. Je vécus avec une extraordinaire intensité ces derniers jours de ma vie de jeune fille. Illuminés d’une lumière éclatante, ils furent pour moi une véritable éclosion spirituelle. Pendant deux autres périodes de ma vie, j’éprouvai cette même exaltation. Ces réveils périodiques de l’esprit réussirent mieux que tout autre chose à me convaincre que l’âme vit sa vie propre, qu’elle est immortelle et que la mort n’est que la libération de l’esprit qui quitte le corps. »
Sophie Tolstoï
Journal de la comtesse Léon Tolstoï







Ces périodes d’exaltation ne sont pas donné à tous. Tous ne savent pas qu’ils ont une âme. Si nous n’en avions pas une, nous ne chercherions pas à remonter le temps jusqu’à nos origines. Que s’est-il passé entre le bing bang et les tous premiers instants de la constante de Planck ? Quel est cet étrange besoin de savoir d’où nous venons ou vers qui nous remontons ?
Besoin de se rassurer ? Prétention d’être un maillon indispensable de l’univers ?