« La grâce, la beauté de la forme est indispensable à toute union pour la rendre harmonieuse et aimable, et non chaotique et désordonnée.
La grâce procure le succès. Cependant elle n’est pas l’essentiel, le fondement, mais seulement la parure. C’est pourquoi elle ne doit être utilisé qu’avec discrétion dans les petites choses.
La nature nous montre dans le ciel la puissante lumière du soleil; c’est sur elle que repose la vie de l’univers. Mais cette clarté puissante, essentielle, est entourée de la lune et des étoiles qui alternent gracieusement avec elle. Dans la vie humaine, la beauté de la forme apparaît lorsque des traditions fermes comme des montagnes sont rendues agréables par une claire beauté. La contemplation des formes célestes confère la faculté de comprendre l’époque et ses exigences changeantes. La contemplation des formes dans la vie humaine confère la possibilité de modeler le monde.
[...] Quand le désir se tait et que la volonté entre dans le repos, l’univers se révèle comme Idée dans les apparences. En tant que tel, il est beau et soustrait au combat de l’existence. C’est le monde de l’art. Mais, en définitive, la contemplation à elle seule ne met pas la volonté en repos. Celle-ci se réveillera et toute la beauté n’aura été qu’un moment d’exaltation passagère. C’est pourquoi ce n’est pas là la vraie voie de la libération. Confucius se sentit en conséquence très mal à son aise lorsque, consultant l’oracle, il obtint en réponse « la grâce ». [...]
Yi King
Le livre des transformations










