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Prisonnière
Prisonnière, je suis prisonnière…De qui ? Pourquoi ? Pourquoi j’ai mal à la tête comme ça ? Où suis-je ? Je voudrais bouger, je n’y arrive pas…C’est normal, je suis attachée…On dirait que…oui mes mains, même mes chevilles sont ligotées à un fauteuil… Mais que se passe-t-il ? Est-ce un cauchemar ? Je vais me réveiller, oh si je pouvais me pincer pour revenir à la réalité…
Une voiture super équipée
Un gars se rend chez un concessionnaire pour acheter une nouvelle voiture.
Le vendeur lui indique qu’un modèle est équipée d’un autoradio à commande vocale nouvelle génération…
Le vendeur lui fait alors une démonstration :
- Choisissez un chanteur, demande-t-il au client.
- Hallyday !
L’auto radio lui demande :
– Johnny ou David ?
L’acheteur, interloqué, répond :
– Johnny ! Et l’auto radio de faire entendre une chanson du Jojo national.
Le gars est interloqué et demande au vendeur s’il peut faire un nouveau test:
– OK, répond le vendeur, vous allez voir que la radio répond à tous les coups …
L’acheteur lance :
– Iglesias !
L’auto radio demande :
– Julio ou Enrique ?
L’acheteur est sur le cul et dit :
– Julio !
Et on entend dans la radio: « tou n’a pas chanzé… »
Le gars prend la voiture, sort du garage et peu après se fait couper la route par un abruti qui manque de l’accrocher.
Alors le gars balance :
- Enculé, connard, trou du cul de merde !!!
Et la radio lui demande :
– Domenech ou Sarkozy ?
« Krotkaïa » (Douce) F.Dostoïevski, récit fantastique(V)
V
Donc, les premières disputes vinrent de ce qu’elle voulut avoir, sans contrôle, le maniement de l’argent, et coter les objets apportés en gage à un trop haut prix. Elle daigna deux fois me quereller à ce sujet. Moi je ne voulus pas céder. C’est ici qu’apparut la veuve du capitaine.
Une antique veuve d’officier se présenta munie d’un médaillon qu’elle tenait de son mari. Un souvenir, vous comprenez. Je donnai trente roubles. La vieille se mit à geindre et à supplier qu’on lui gardât son gage. — Cela va sans dire que nous le gardions. Puis, cinq jours après, elle revient et demande à échanger le médaillon contre un bracelet valant à peine huit roubles. Je refuse, cela va sans dire. Il est probable qu’à ce moment elle vit quelque chose dans les yeux de ma femme, car elle vint en mon absence et l’échange se fit.
Je le sus le jour même : je parlai avec fermeté et j’employai le raisonnement. Elle était assise sur le lit, pendant mes représentations, elle regardait le plancher et y battait la mesure du bout du pied, geste qui lui était habituel ; son mauvais sourire errait sur ses lèvres. Je déclarai alors froidement, sans élever la voix, que l’argent était à moi, que j’avais le droit de voir la vie à ma façon. Je rappelai que le jour où je l’avais introduite dans mon existence, je ne lui avais rien caché.
Elle sauta brusquement sur ses pieds, toute tremblante et, imaginez-vous, dans sa fureur contre moi, elle se mit à trépigner. Une bête féroce. Un accès. Une bête féroce prise d’accès. L’étonnement me figea sur place. Je ne m’attendais pas à une telle incartade. Je ne perdis pas la tête et, derechef, d’une voix calme, je l’avertis que je lui retirais le droit de se mêler de ma maison. Elle me rit au nez, et quitta l’appartement. Elle n’avait pas le droit de sortir de chez moi, et d’aller sans moi nulle part. C’était un point convenu entre nous dès nos fiançailles. Je fermai mon bureau et m’en fus chez les tantes. J’avais rompu toutes relations avec elles depuis mon mariage ; nous n’allions pas chez elles, elles ne venaient pas chez moi. Il se trouva qu’elle était venue avant moi chez les tantes. Elles m’écoutèrent curieusement, se mirent à rire et me dirent : « C’est bien fait ». Je m’attendais à leurs railleries. J’achetai aussitôt pour cent roubles, vingt-cinq comptant, les bons offices de la plus jeune des tantes. Deux jours après, cette femme arrive chez moi et me dit : « Un officier, nommé Efimovitch, votre ancien camarade de régiment, est mêlé à tout ceci. » Je fus très étonné. Cet Efimovitch était l’homme qui m’avait fait le plus de mal dans l’armée. Un mois auparavant, sans aucune honte, il était venu deux fois à la maison, sous prétexte d’engager. Je me rappelai que, lors de ces visites, il s’était mis à rire avec elle. Je m’étais alors montré et, en raison de nos anciennes relations, je lui avais interdit de remettre les pieds chez moi. Je n’y avais rien vu de plus, je n’y avais vu que l’impudence de l’homme. Et la tante m’informe qu’ils ont déjà pris rendez-vous et que c’est une de ses amies, Julia Samsonovna, veuve d’un colonel, qui s’entremet. « C’est chez elle que va votre femme ».
J’abrège l’histoire. Cette affaire m’a coûté trois cents roubles. En quarante-huit heures nous conclûmes un marché par lequel il était entendu qu’on me cacherait dans une chambre voisine, derrière une porte, et que, le jour du premier rendez-vous, j’assisterais à l’entretien de ma femme et d’Efimovitch. La veille de ce jour-là, il y eût entre nous une scène courte, mais très significative pour moi. Elle rentra le soir, s’assit sur le lit, et me regarda ironiquement en battant la mesure avec son pied sur le tapis. L’idée me vint subitement que, dans ces derniers quinze jours, elle était entièrement hors de son caractère, on peut même dire que son caractère semblait retourné comme un gant : j’avais devant moi un être emporté, agressif, je ne veux pas dire éhonté, mais déséquilibré et assoiffé de désordre. Sa douceur naturelle la retenait pourtant encore. Quand une semblable nature arrive à la révolte, même si elle dépasse toute mesure, on sent bien l’effort chez elle, l’on sent qu’elle a de la peine à avoir raison de son honnêteté, de sa pudeur. Et c’est pour cela que de telles natures vont plus loin qu’il n’est permis, et qu’on n’en peut croire ses yeux en les voyant agir. Un être dépravé par habitude ira toujours plus doucement. Il fera pis, mais, grâce à la tenue et au respect des convenances, il aura la prétention de vous en imposer.
— Est-il vrai qu’on vous ait chassé du régiment, parce que vous avez eu peur de vous battre, me demanda-t-elle à brûle-pourpoint ? Et ses yeux étincelèrent.
— C’est vrai ; par décision de la réunion des officiers on m’a demandé ma démission que, d’ailleurs, j’étais déjà résolu à donner :
— On vous a chassé comme un lâche ?
— Oui, ils m’ont jugé lâche. Mais ce n’est pas par lâcheté que j’ai refusé de me battre ; c’est parce que je ne voulais pas obéir à des injonctions tyranniques et demander satisfaction quand je ne me sentais pas offensé. Sachez, ne pus-je m’empêcher d’ajouter, sachez que l’action de s’insurger contre une telle tyrannie, et en subir toutes les conséquences, demande plus de courage que n’importe quel duel.
Je n’ai pu retenir cette phrase, par où je me justifiais. Elle n’attendait que cela, elle n’espérait que cette nouvelle humiliation. Elle se mit à ricaner méchamment.
— Est-il vrai que pendant trois ans vous ayez battu les rues de Saint Pétersbourg en mendiant des kopecks, et que vous couchiez sous des billards ?
— J’ai couché aussi dans les maisons de refuge du Cennaïa [8]. Oui, c’est vrai. Il y a eu beaucoup d’ignominie dans ma vie après ma sortie du régiment, mais point de chutes honteuses. J’étais le premier à haïr mon genre d’existence. Ce n’était qu’une défaillance de ma volonté, de mon esprit, provoquée par ma situation désespérée. C’est le passé…..
— Maintenant, vous êtes un personnage, un financier ! Toujours l’allusion aux prêts sur gages. Mais j’ai pu me contenir. Je voyais qu’elle avait soif de m’humilier encore et je ne lui en ai plus fourni le prétexte. Bien à propos un client sonna et je passai dans le bureau. Une heure après, elle s’habilla tout à coup pour sortir, et, s’arrêtant devant moi, elle me dit :
— Vous ne m’aviez rien dit de tout cela avant notre mariage ? Je ne répondis pas et elle s’en alla.
Le lendemain, donc, j’étais dans cette chambre et j’écoutais derrière une porte l’arrêt de ma destinée. J’avais un revolver dans ma poche. Toute habillée, elle était assise devant une table et Efimovitch se tenait près d’elle et faisait des manières. Eh bien, il arriva, (c’est à mon honneur que je parle) il arriva ce que j’avais prévu, pressenti, sans avoir bien conscience que je le prévoyais. Je ne sais pas si je me fais comprendre.
Voilà ce qui arriva. Pendant une heure entière j’écoutai, et une heure entière j’assistai à la lutte de la plus noble des femmes avec un être léger, vicieux, stupide, à l’âme rampante. Et d’où vient, pensai-je, surpris, que cette naïve, douce et silencieuse créature sache ainsi combattre ? Le plus spirituel des auteurs de comédies de mœurs mondaines ne saurait écrire une pareille scène de raillerie innocente et de vice saintement bafoué par la vertu. Et quel éclat dans ses petites saillies, quelle finesse dans ses reparties vives, quelle vérité dans ses censures ! et en même temps quelle candeur virginale ! Ses déclarations d’amour, ses grands gestes, ses protestations la faisaient rire. Arrivé avec des intentions brutales, et n’attendant pas une semblable résistance, l’officier était écrasé. J’aurais pu croire que cette conduite masquait une simple coquetterie, la coquetterie d’une créature dépravée, mais spirituelle ; qui désirait seulement se faire valoir ; mais non ; la vérité resplendissait comme le soleil ; nul doute possible. Ce n’est que par haine fausse et violente pour moi que cette inexpérimentée avait pu se décider à accepter ce rendez-vous et, près du dénouement, ses yeux se dessillèrent. Elle n’était que troublée et cherchait seulement un moyen de m’offenser, mais, bien qu’engagée dans cette ordure, elle n’en put supporter le dérèglement. Est-ce cet être pur et sans tache en puissance d’idéal, que pouvait corrompre un Efimovitch, ou quelqu’autre de ces gandins du grand monde ? Il n’est arrivé qu’à faire rire de lui. La vérité a jailli de son âme et la colère lui a fait monter aux lèvres le sarcasme. Ce pitre, tout à fait ahuri à la fin, se tenait assis, l’air sombre, parlait par monosyllabes et je commençais à craindre qu’il ne l’outrageât point par basse vengeance. Et, disons-le encore à mon honneur, j’assistais à cette scène presque sans surprise, comme si je l’avais connue d’avance ; j’y allais comme à un spectacle ; j’y allais sans ajouter foi aux accusations, quoique j’eusse, il est vrai, un revolver. Et pouvais-je la supposer autre qu’elle même ? Pourquoi donc l’aimais-je ? Pourquoi en faisais-je cas ? Pourquoi l’avais-je épousée ? Ah certes, à ce moment, j’ai acquis la preuve bien certaine qu’elle me haïssait, mais aussi la conviction de son innocence. J’interrompis soudain la scène en ouvrant la porte. Efimovitch sursauta, je la pris par la main et je l’invitai à sortir avec moi. Efimovitch recouvra sa présence d’esprit et se mit à rire à gorge déployée :
— Ah, contre les droits sacrés de l’époux, lit-il, je ne puis rien, emmenez-là, emmenez-là ! Et souvenez-vous, me cria-t-il, que, bien qu’un galant homme ne doive point se battre avec vous, par considération pour Madame, je me tiendrai à votre disposition…..si toutefois vous vous y risquiez….. —
Vous entendez ? dis-je en la retenant un instant sur le seuil.
Puis, pas un mot jusqu’à la maison. Je la tenais par la main ; elle ne résistait pas, au contraire, elle paraissait stupéfiée, mais cela ne dura que jusqu’à notre arrivée au logis. Là elle s’assit sur une chaise et me regarda fixement. Elle était excessivement pâle. Cependant ses lèvres reprirent leur pli sarcastique, ses yeux leur assurance, leur froid et suprême défi. Elle s’attendait sérieusement à être tuée à coups de revolver. Silencieusement, je le sortis de ma poche et je le posai sur la table. Ses yeux allèrent du revolver à moi. (Notez que ce revolver lui était déjà connu, je le gardais tout chargé depuis l’ouverture de ma maison. À cette époque je m’étais décidé à n’avoir ni chien ni grand valet comme Mozer. Chez moi, c’est la cuisinière qui ouvre aux clients. Ceux qui exercent notre métier ne peuvent cependant se passer de défense ; j’avais donc toujours mon revolver chargé. Le premier jour de son installation chez moi, elle parut s’intéresser beaucoup à cette arme, elle me demanda de lui en expliquer le mécanisme et le maniement, je le fis, et, une fois, je dus la dissuader de tirer dans une cible. (Notez cela.) Sans m’occuper de ses attitudes fauves, je me couchai à demi habillé. J’étais très fatigué, il était près de onze heures du soir. Pendant une heure environ, elle resta à sa place, puis elle souffla la bougie et s’étendit sans se dévêtir sur le divan. C’était la première fois que nous ne couchions pas ensemble ; remarquez cela aussi…..
Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski
(à suivre…)
[8]↑ Sorte de place, à Saint-Pétersbourg, sur laquelle se trouve l’entrée de maisons d’hospitalité de nuit.









