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Sergueï Essénine
Sergueï Aleksandrovitch Essénine ou Iessénine (en russe : Сергей Александрович Есенин, francisé sous la forme Serge Essénine) est un poète marquant de la Russie du XXe siècle. Né le 21 septembre 1895 (le 3 octobre selon le calendrier grégorien adopté en Russie en février 1918), il mit fin à ses jours le 28 décembre 1925 à Léningrad.
Né en Russie centrale, dans le bourg de Konstantinovo, gouvernement de Riazan, était le troisième enfant du couple Essénine dont les deux filles aînées étaient mortes en bas âge. Alexandre Essénine, son père, travaillant comme garçon boucher à Moscou, et sa mère, Tatiana Titov, étant occupée à Riazan, il passa la majeure partie de sa petite enfance à Konstantinovo au domicile de ses grands-parents. Admis à l’école primaire en 1904, il la quitte en 1909, pour être placé, en septembre de cette année-là, comme interne à l’école religieuse de Spas-Kliopiki. Ses premiers vers connus remontent à cette période, écrits dès 1909. Il avait alors 14 ans.
Il publie deux nouveaux recueils et surtout la Confession d’un voyou en 1921. Bien qu’il ait une vie sociale très intense, il ressent une certaine solitude et écrit que, d’une façon générale, un poète lyrique ne devrait pas vivre très longtemps. Duncan et Essénine voyagent tous les deux en Europe et c’est durant cette période que Essénine connaît une grave dépression nerveuse. Sa santé physique et mentale décline et il commence à parler de suicide. Lors de son séjour à Paris, il est sujet à une grave crise due à l’alcool. Il est admis dans un hôpital psychiatrique. En 1923, il retourne à Moscou et quitte Isadora. Écœuré de tout et très déprimé, souffrant d’hallucinations et miné par l’alcoolisme, il ne peut trouver aucun secours dans la religion, en revanche, quand il écrit, il est sobre. Malheureusement il ressent de plus en plus une incapacité à écrire comme un vrai poète : « Je n’écris plus de poésie, je ne fais que des vers ». En 1923, il publie Poèmes d’un faiseur de scandales. Il entre en clinique en 1925, la quitte un mois plus tard et recommence à boire puis repart pour Léningrad. C’est dans cette ville qu’il se pendit à un tuyau dans la chambre N°5 de l’hôtel d’Angleterre le 28 décembre 1925. Il laissa un poème écrit avec son propre sang :
Au revoir, mon ami, au revoir,
Mon tendre ami que je garde en mon cœur.
Cette séparation prédestinée
Est promesse d’un revoir prochain.
Au revoir, mon ami, sans geste, sans mot,
Ne sois ni triste, ni en chagrin.
Mourir en cette vie n’est pas nouveau,
Mais vivre, bien sûr n’y est pas plus nouveau.
Cette version – officielle – de la mort d’Essénine a cependant été mise à mal par plusieurs de ses proches et ne peut être prise comme l’expression de la pure vérité. La publication, le lendemain de sa mort, des deux strophes écrites par Essénine avec son sang se marie parfaitement avec l’image que l’on veut alors donner de la folie et du suicide prémédité du poète, mais il faut savoir que cette pratique curieuse d’utiliser son sang pour écrire n’était pas une nouveauté chez lui et qu’il trouvait commode de procéder ainsi quand il n’avait plus d’encre. L’hypothèse de l’assassinat a été avancée par ses amis et des chercheurs produisant un certain nombre d’indices pour le moins troublants : une enquête et une expertise médicale bâclées concluant trop rapidement au suicide, une heure de décès non établie, l’une fixée le 27 en fin de soirée, une autre contradictoire, au petit matin du 28, des traces de coups sur le visage du poète, la présence d’agents du gouvernement cette nuit-là à l’Hôtel d’Angleterre, la disparition des témoins ayant attesté son suicide, l’assassinat d’une de ses épouses, Zinaïda Raïkh, en 1939 alors qu’elle prétendait tout dire à Staline sur la mort d’Essénine et d’autres encore comme le fait que les fameux vers écrits du sang de la victime ne se trouvaient pas dans la chambre du suicidé mais avaient été remis à son ami poète Wolf Erlich dans la matinée du 27. Le mystère de la mort du poète reste entier. Dans ces temps troublés où les artistes qui n’étaient plus en accord avec le régime se suicidaient un peu trop facilement, quand ils n’étaient pas fusillés ou envoyés en camps de concentration, Essenine s’est-il réellement donné la mort ou bien l’a-t-on assassiné, nous ne le saurons vraisemblablement jamais. Ce qui par contre est bien démontré, c’est la vague de suicides que l’annonce de sa mort suscita chez ses admirateurs qui étaient déjà nombreux à l’époque.
Dans les livres des années 1990 consacrés à cette mort mystérieuse, d’autres faits viennent troubler l’hypothèse du suicide : tout d’abord, le tuyau sur lequel s’est pendu Essénine était vertical, ce qui n’était pas du tout pratique pour commettre le suicide et puis, l’élément le plus troublant issu de son dossier : les mains du poète portaient les marques apparentes, comme s’il était ligoté…










