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24 janvier 2017

Amadeus – Unstoppable

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23 janvier 2017

Lettre de Léon Tolstoï à Gandhi

Publié par ditchlakwak dans Envie de partager

A M. K. Gandhi, Johannesburg, Transvaal, Sud-Afrique

7 septembre 1910, Kotschety,

J’ai reçu votre journal Indian Opinion et je me suis réjouis ce qu’il rapporte des Non-Résistants absolus. Le désir m’est venu de vous exprimer les pensées qu’a éveillées en moi cette lecture.
Plus je vis, – et surtout à présent, où je sens avec clarté l’approche de la mort – plus fort est le besoin de m’exprimer sur ce qui me touche le plus vivement au cœur, sur ce qui me paraît d’une importance inouïe : c’est à savoir que ce que l’on nomme Non-Résistance n’est, en fin de compte, rien d’autre que l’enseignement de la Loi d’amour, non déformé encore par des interprétations menteuses. L’amour, ou, en d’autres termes, l’aspiration des âmes à a communion humaine et à la solidarité, représente la loi supérieure et unique de la vie… Et cela, chacun le sait et le sens au plus profond de son cœur (nous le voyons le plus clairement chez l’enfant). Il le sait aussi longtemps qu’il n’est pas entortillé dans la nasse de mensonge de la pensée du monde.
Cette loi a été promulguée par tous les sages de l’humanité : hindous, chinois, hébreux, grecs et romains. Elle a été, je crois, exprimée le plus clairement par le Christ, qui a dit en des termes nets que cette Loi contient toute la loi et les Prophètes. Mais il y a plus : prévoyant les déformations qui menacent cette loi, il a dénoncé expressément le danger qu’elle soit dénaturée par les gens dont la vie est livrée aux intérêts matériels. Ce danger est qu’ils se croient autorisés à défendre leurs intérêts par la violence ou, selon son expression, à rendre coup pour coup, à reprendre par la force ce qui a été enlevé par la force, etc., etc. Il savait (comme le sait tout homme raisonnable) que l’emploi de la violence est incompatible avec l’amour, qui est la plus haute loi de la vie. Il savait qu’aussitôt la violence admise, dans un seul cas, la loi était du coup abolie. Toute la civilisation chrétienne, si brillante en apparence, a poussé sur ce malentendu et cette contradiction, flagrante, étrange, en quelque cas, voulue, mais le plus souvent inconsciente.
En réalité, dès que la résistance par la violence a été admise, la loi de l’amour était sans valeur et n’en pouvait plus avoir. Et si la loi d’amour est sans valeur, il n’est plus aucune loi, excepté le droit du plus fort. Ainsi vécut la chrétienté durant dix-neuf siècles. Au reste, dans tous les temps, les hommes ont pris la force pour principe directeur de l’organisation sociale. La différence entre les nations chrétiennes et les autres n’a été qu’en ceci : dans la chrétienté, la loi d’amour avait été posée clairement et nettement, comme dans aucune autre religion ; et les chrétiens l’ont solennellement acceptée, bien qu’ils aient regardé comme licite l’emploi de la violence et qu’ils aient fondé leur vie sur la violence. Ainsi, la vie des peuples chrétiens est une contradiction complète entre leur confession et la base de leur vie, entre l’amour, qui doit être la loi de l’action, et la violence, qui est reconnue sous des formes diverses, telles que : gouvernement, tribunaux et armées, déclarés nécessaires et approuvés. Cette contradiction s’est accentuée avec le développement de la vie intérieure, et elle a atteint son paroxysme en ces derniers temps.
Aujourd’hui, la question se pose ainsi : oui ou non, il faut choisir ! Ou bien admettre que nous ne reconnaissons aucun enseignement moral religieux, et nous laisser guider dans la conduite de notre vie par le droit du plus fort. Ou bien agir en sorte que tous les impôts perçus par contrainte, toutes nos institutions de justice et de police, et avant tout l’armée, soient abolis.
Le printemps dernier, à l’examen religieux d’un institut de jeunes filles, à Moscou, l’instructeur religieux d’abord, puis l’archevêque qui y assistait ont interrogé les fillettes sur les Dix Commandements, et principalement sur le Cinquième : « Tu ne tueras point ! « Quand la réponse était juste, l’archevêque ajoutait souvent cette autre question : « Est-il toujours et dans tous les cas défendus de tuer par la loi de Dieu ? » Et les pauvres filles, perverties par les professeurs, devaient répondre et répondaient : « – Non, pas toujours. Car dans la guerre et pour les exécutions, il est permis de tuer. » Cependant, une de ces malheureuses créatures (ceci m’a été raconté par un témoin oculaire) ayant reçu la question coutumière : « – Le meurtre est-il toujours péché ? » rougit et répondit, émue et décidée : « Toujours ! » Et à tous les sophismes de l’archevêque elle répliqua, inébranlable, qu’il était interdit toujours, dans tous les cas, de tuer – et cela déjà par le Vieux Testament : quant au Christ, il n’a pas seulement défendu de tuer, mais de faire le mal à son prochain. Malgré toute sa majesté et son habilité oratoire, l’archevêque eut la bouche fermée, et la jeune fille l’emporta. Oui, nous pouvons bavarder, dans nos journaux, sur les progrès de l’aviation, les complications de la diplomatie, les clubs, les découvertes, les soi-disant œuvres d’art, et passer sous silence ce qu’a dit cette jeune fille. Mais nous ne pouvons pas en étouffer la pensée, car tout homme chrétien sent comme elle plus ou moins obscurément. Le socialisme, l’anarchisme, l’Armée du Salut, la criminalité croissante, le chômage, le luxe monstrueux des riches, qui ne cesse d’augmenter, et la noire misère des pauvres, la terrible progression des suicides, tout état de chose témoigne de la contradiction intérieure, qui doit être et qui sera résolue. Résolue, vraisemblablement, dans le sens de la reconnaissance de la loi d’amour, et de la condamnation de tout emploi de la violence. C’est pourquoi votre activité, au Transvaal, qui semble pour nous au bout du monde, se trouve au centre de nos intérêts ; et elle est la plus importante de toutes celles aujourd’hui sur la terre ; non seulement les peuples chrétiens, mais tous les peuples du monde y prendront part.
Il vous sera sans doute agréable d’apprendre que chez nous aussi, en Russie, une agitation pareille se développe rapidement, et que les refus de service militaire augmentent d’année en année. Quelque faible que soit encore chez vous le nombre des Non-Résistants et chez nous celui des réfractaires, les uns et les autres, peuvent se dire : « Dieu est avec nous. Et Dieu est plus puissant que les hommes. »
Dans la profession de foi chrétienne, même sous la forme de christianisme perverti qui nous est enseigné, et dans la croyance simultanée à la nécessité d’armées et d’armements pour les énormes boucheries de la guerre, il existe une contradiction si criante qu’elle doit, probablement tôt ou tard, probablement très tôt, se manifester dans toute sa nudité. Alors il faudra ou bien anéantir la religion chrétienne, sans laquelle pourtant, le pouvoir des Etats ne pourraient se maintenir, ou bien supprimer l’armée et renoncer à tout emploi de la force, qui n’est pas moins nécessaire aux Etats. Cette contradiction est sentie par tous les gouvernements, aussi bien par le vôtre Britannique, que par le nôtre Russe ; et, par esprit de conservation, ils poursuivent ceux qui la dévoilent, avec plus d’énergie que toute autre activité ennemie de l’Etat. Nous l’avons vu en Russie, et nous le voyons par ce que publie votre journal. Les gouvernements savent bien d’où le danger le plus grave les menace, et ce ne sont pas seulement leurs intérêts qu’ils protègent ainsi avec vigilance. Ils savent qu’ils combattent pour l’être ou le ne-plus-être.

Léon Tolstoy

22 janvier 2017

DOPE LEMON – Marinade

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22 janvier 2017

La Mosquée Notre-Dame de Paris, année 2048 (55)

Publié par ditchlakwak dans La Mosquée Notre-Dame de Paris, année 2048
« En Russie, on aurait parlé de villages Potemkine», fit remarquer Sophia sans détacher les yeux de son interlocuteur. La bizarrerie de l’allusion à l’école hollandaise dans la bouche d’un musulman ne lui avait pas échappé, contrairement aux messieurs tout étonnés par la nature de l’information. Bien sûr, l’époque était lointaine où les wahhabites passaient au peigne fin tous les appartements, y compris ceux des musulmans, pour y arracher les tableaux et briser les instruments de musique. Parmi les intellectuels musulmans européanisés, certains se permettaient maintenant d’avoir un piano à queue, des toiles non figuratives. Et cependant, cette réflexion sur la peinture semblait contre nature de la part d’un Arabe.
« Ce serait trop beau pour que l’on puisse vous croire » coupa La Rochejaquelein d’un ton sec.
« Vous pouvez le croire, parce que ce n’est pas beau du tout », répartit froidement Ahmad ibn Salih. « Au contraire, c’est même très inquiétant ».
« Expliquez-vous ».
« Volontiers ». Ahmad ibn Salih fit une pause comme pour piquer encore davantage l’attention déjà en alerte de Sophia Sévazmiou, La Rochejaquelein et du troisième homme en bleu de travail qui, jusqu’à présent, ne s’était pas mêlé à la conversation.
« Il va me falloir remonter dans le temps. On sait que le monde musulman travaillait déjà sur l’atome avant que l’islamisation du bloc européen ait pris le visage que nous lui connaissons aujourd’hui. Son centre de recherches nucléaires le plus important se trouvait, et se trouve encore, au Pakistan. Il faut bien comprendre, évidemment, que les spécialistes pakistanais étaient formés ailleurs que chez eux».
C’est bien vrai que nous les avons nous-mêmes instruits, pour notre malheur, pensa Sophia. Ils n’ont jamais eu leurs propres cerveaux, ils ne sont capables que de tuer. Ils ont vécu tout le vingtième siècle en se gorgeant de pétrole comme des sangsues, sans rien produire, sans rien inventer.
« Depuis que les pays non islamiques eurent abaissé le « rideau vert », poursuivit Ahmad ibn Salih, la situation de l’atome en Europe a perdu toute transparence. A l’intérieur des Etats « dhimmis », on sait, bien sûr, que le réseau des institutions de recherches continue à fonctionner. Mais même un employé de ce secteur aura du mal à se rendre compte que l’arme nucléaire est depuis longtemps hors d’usage. Si les installations techniques se détériorent faute de maintenance qualifiée, que dire alors du reste…Surtout si l’on tient compte des accords historiques de Kyoto ».
La Rochejaquelein approuva d’un signe de tête. En 2029, les accords de Kyoto, ratifiés par la Russie, le Japon, la Chine, l’Australie et, à contre cœur, par l’Amérique, avaient précisé en détail les domaines technologiques et scientifiques qui ne pouvaient faire l’objet d’un transfert au bénéfice des pays de l’Euroislam et des pays musulmans traditionnels. C’est seulement grâce à cet accord qu’on avait réussi à maintenir l’Eurabie au niveau de connaissances techniques qui était le sien en 2010.

« Admettons, mais que peut-on voir là de déplorable ? De déplorable pour nous, en tout cas ? »
« Un peu de patience. Comme je l’ai déjà dit, l’école la plus active en matière de nucléaire est restée au Pakistan On pouvait espérer, il y a encore peu de temps, que les sous-traitants d’Eurabie conserveraient leur utilité. Car ici, les laboratoires atomiques sont chargés des travaux élémentaires pour le compte de la recherche pakistanaise. Mais cet espoir est définitivement parti en fumée. Le Pakistan s’est révélé incapable de refaire une bombe atomique ».
« Et alors… ». La Rochejaquelein, avec l’impulsivité de la jeunesse, perdait vite patience, ce que Sophia avait remarqué depuis longtemps.
Les yeux marron d’Ahmad ibn Salih prirent la teinte cendrée d’une terre dévastée par le feu.
« Le djihad lance des métastases dont la progression ne s’arrête pas d’elle-même ! La bombe que l’on attendait devait permettre d’aller plus loin. Mais si la bombe, je veux dire la vraie, non seulement fait défaut mais est à jamais irréalisable, il ne reste plus…».
« Que la bombe sale ?! ». La Rochejaquelein se frappa le front.
«Le diablem’emporte, ils feraient la bombe sale ? ».
« Oui ».
Un vague sourire parcourut le visage de Sophia qui avait cessé de foudroyer l’Arabe du regard.
« Peut-être l’un d’entre vous aura-t-il l’obligeance d’expliquer à une pauvre vieille ignare ce qu’est une bombe sale et où elle s’est vautrée pour le devenir ? ».
« Ce n’est pas une bombe à proprement parler, Sophie », prononça doucement l’homme en bleu de travail. L’étrange Arabe réagit aux inflexions expressives de cette voix par une grimace de répugnance qui tira les traits de son visage. « Ce ne sont que des déchets, le produit de la fission de l’atome. Pas besoin de missiles, ni de porte missiles. Un simple container suffit qu’un quelconque saboteur peut transporter sur lui et éventrer. Le seul problème technique qui se pose est le suivant : utilisera-t-on le même homme une autre fois ou préfèrera-t-on un kamikaze ? ».
« Et des saboteurs, ou même des kamikazes, il y en a à foison, c’est un produit à bas prix» reprit le savant qui avait retrouvé sa sérénité.
« Pour l’islam, la vie humaine est sans valeur ».
Les regards de Sophie et d’Ahmad ibn Salih se croisèrent à nouveau, mais leur expression avait changé.
« Vous n’êtes pas russe. Vous n’êtes pas russe, bien que vous ayez vécu en Russie.
Inutile de protester, vous n’avez pas le monopole des secrets d’autrui. Il fallait mon expérience pour remarquer le frémissement de vos lèvres quand il a été question des villages Potemkine. Cette image n’a aucun senspour des Européens ».
C’était au tour de La Rochejaquelein de dévorer des yeux leur interlocuteur ;
« Mais, Sophie, c’est impossible. Son visage…. »
21 janvier 2017

Diatriba – Intime Emozioni (Regia:Claudio D’Avascio)

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