
La partie n’est jamais finie, jamais perdue.
Faire allusion à une honte de la famille soigneusement cachée, le skeleton in the cupboard, Kassim ne pouvait s’attendre à pareil coup bas de la part d’Assette. Il était prudent d’éviter ne serait-ce que de penser à cette affaire, et, depuis des années, personne n’avait évoqué, même en son for intérieur, les cinq ans de réclusion auxquels ledit grandpère avait été condamné. A la fin du siècle dernier, alors qu’il se trouvait au coeur des opérations militaires contre les Serbes, il leur avait secrètement communiqué des informations sur les positions de l’UCK et sur les projets de bombardement de l’OTAN (70).
Encore heureux qu’il n’ait pas réclamé d’argent contre ses services d’espionnage. Quoi qu’il en soit, c’était un criminel de guerre et même un criminel particulièrement odieux qui avait pris le parti des sales kafirs dans leur combat contre des croyants. A l’époque, ces derniers ne détenaient pas encore le pouvoir en Europe, c’est pourquoi, il s’en était tiré avec une peine symbolique. Mais que l’affaire refasse surface, dans le meilleur des cas, Kassim n’aurait d’autre perspective que d’aller végéter le restant de ses jours dans quelque garnison perdue au fin fond de la Picardie.
« Merci de me le rappeler, prononça Kassim d’une voix éteinte. Il est vrai que ton mari a des raisons plus sérieuses que toi d’avoir honte de ses ancêtres ».
« Et il ne t’est jamais venu à l’esprit, mon cher, que ton grand-père, s’il pouvait te voir actuellement, aurait encore plus honte de toi que toi de lui. Qu’il n’avait, peut-être, enfreint son devoir de soldat que parce qu’il refusait que son arrière petite fille s’appelle un jour Iman ?! ».
Annette maintenant criait presque. Son visage était parcouru de spasmes comme une pâte qui lève sous les mains d’une cuisinière :
« Peut-être voulait-il que sa petite fille s’appelle Nicole ? Nicole, c’est le nom que je voulais lui donner moi aussi, seulement je n’ai jamais osé le dire ! Nicole ! Nicole !! ».
Kassim se précipita vers sa femme. Sa colère était tombée, mais il l’attrapa d’une main par les épaules et, de l’autre, il lui allongea une bonne gifle simplement pour arrêter la crise de nerfs.
Assette avait perdu toute énergie et elle titubait, comme si elle cherchait un point d’appui. Elle passa ses bras autour du cou de son mari et se mit à pleurer doucement, le visage enfoui contre sa poitrine.
« Pardonne moi, mon chéri, pardonne-moi, tu as déjà tant de soucis sans moi ! Peut être bien que je suis malade, peut-être que je suis comme ma grand-mère, c’est vrai. Je ne sais pas, je ne sais pas ce qui m’arrive ! ».
Kassim serra sa femme contre lui.
« Calme-toi, ma chérie. Je pense que tu es encore sous le choc de l’assassinat du cadi Malik dont tu as été témoin. Même si le défunt, il faut bien le dire, était un type écoeurant, on avait besoin de lui, et puis voir ça de près…Vivre ça, surtout pour une femme, c’est un vrai cauchemar. En plus, cette pauvre Zeïnab était ton amie….Maintenant, c’est clair, les amies, il faut qu’elle les oublie, mais je comprends qu’elle te fasse pitié … ».
« Je ne sais pas. Actuellement, je ne sais plus rien ». Assette essuya ses larmes.
« Pourvu que les domestiques ne remarquent rien, il ne manquerait plus que ça. Je vais me remaquiller, puis, je donnerai l’ordre de servir ».
« Attends un peu, ma chérie. Dis leur de servir….dans un petit quart d’heure ».
Kassim embrassa sa femme sur la joue et sortit de la pièce.
Le vieil Ali lui tendait déjà son costume d’intérieur. Il appréciait ce domestique surtout parce qu’il n’avait jamais appris le français, pas même sous la forme du sabir, bien qu’il fût arrivé en France à l’âge de quinze ans. Il le congédia d’un geste las, puis resta planté un instant avec, entre les mains, une tunique claire qui descendait au-dessous du genou, un gilet rouge riquiqui et des pantalons trop courts. Il pensait que le premier Noir analphabète venu se pavanait en tee-shirt et en jeans, les mêmes que son père portait jadis en dehors du travail. Que faire, sa situation ne le lui permettait pas. Un officier des forces de sécurité intérieure, ce n’était tout de même pas un quelconque Black qui s’engraisse sur les aides sociales. Pourtant, quel ennui d’avoir à enfiler ces nippes idiotes à la mode arabe ou afghane, peu importait. Pourquoi, après tout, « nippes idiotes » ? Au fond, c’était une tenue commode, de première qualité, sans mélange de synthétique.
Kassim se toucha le front d’un air fatigué. Les psychoses, ça ne s’attrape pas comme la grippe, par simple contact avec un malade. Ou alors, il y avait quand même des risques? Où est-ce qu’elle était allée chercher ça : Nicole. Sa fille, Nicole ! Pourquoi pas Geneviève tant qu’elle y était ? Du délire. Mais pourquoi se sentait-il si déprimé ? Peut-être parce qu’Assette, toujours si avisée, lui avait jeté grossièrement à la face le secret honteux de la famille ? Ou alors c’était de voir sa femme dans cet état ? Mais qu’est-ce qui avait bien pu lui arriver ?
Il n’avait même pas faim. Kassim tendit l’oreille, s’approcha de la porte qu’il ferma à clef. Une autre clef, celle d’un tiroir du secrétaire, se trouvait dans un coffret au milieu de bijoux, dans un petit étui spécial protégé par un code. On aurait dit une boîte de boutons de manchettes.
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70 – Il s’agit d’un fait réel. L’état-major français dans sa majorité, contrairement aux responsables politiques et à la société civile, n’approuvait pas l’intervention contre la Serbie.
Au Canada, les personnes qui ne s’identifient ni comme femme ni comme homme pourront désormais mentionner un sexe « non spécifié » sur les documents officiels. Une mesure qui vise à « favoriser l’égalité pour tous », selon le ministre de l’Immigration.
La mention « X » pourra être inscrite sur les pièces d’identité des personnes ne s’identifiant ni au sexe féminin, ni au sexe masculin, selon le gouvernement canadien le 24 août.
Dans un premier temps, une mention pourra être ajoutée sur les documents officiels des « personnes qui ne s’identifient pas comme femmes ( « F » ) ou comme hommes ( « M ») », afin d’indiquer le souhait que leur sexe soit «désigné comme « X », pour non spécifié».
Cette annonce vise à faciliter pour ces personnes l’obtention de passeports, documents de voyage ou d’immigration « qui correspondent mieux à leur identité sexuelle », a précisé le gouvernement fédéral dans un communiqué.
Ces mesures provisoires, qui entreront en vigueur le 31 août, seront appliquées jusqu’à ce que le gouvernement « puisse imprimer des documents avec une désignation « X » ».
« En introduisant une désignation de sexe « X » dans les documents délivrés par le gouvernement, nous prenons une mesure importante pour favoriser l’égalité entre tous les Canadiens, indépendamment de leur identité ou de leur expression sexuelle », a déclaré le ministre de l’Immigration, des réfugiés et de la citoyenneté Ahmed Hussen.
En juin, le Canada a validé un projet de loi ajoutant «l’identité de genre et l’expression de genre» aux côtés de la race, de la religion, de l’âge, du sexe ou de l’orientation sexuelle parmi les motifs de discrimination interdits en vertu de la Charte des droits canadienne.
Source : Sott.net