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31 décembre 2017

Touch & Go – Straight To Number One

Publié par ditchlakwak dans "Musi-Kwak"
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31 décembre 2017

La Mosquée Notre-Dame de Paris, année 2048 (100)

Publié par ditchlakwak dans La Mosquée Notre-Dame de Paris, année 2048

Kassim ne remarquait rien, ni circulation, ni décor. Il avait le regard planté sur la vitre avant comme sur une vidéo interdite. Il voyait sur l’écran deux gamins qui, après avoir joué au croquet jusqu’à épuisement, quittaient la pelouse et couraient, affamés, vers une demeure à fronton…Les voilà dans la salle à manger, le soleil qui entre à flot par de grandes baies vitrées dore le plancher ciré, les portes fenêtres sont largement ouvertes sur le balcon, la table est mise, et, devant chaque couvert, une rose thé est placée dans un mince vase de cristal où se diffracte la lumière….Dans sa robe d’été toute blanche, tante Odile ressemble tant à maman.

« Ma chère, je te l’avais pourtant rappelé ! ». Oncle Dominique fronce le sourcil, il arrête d’un geste impatient l’assiette qui effleure déjà la nappe. Sur la porcelaine à filet bleu, au milieu des pommes rissolées et persillées s’étale une escalope de porc toute dorée et si fine que les bords en sont translucides. Sur le visage de tante Odile, une ombre passe :
« Excuse moi, mon petit, je suis vraiment étourdie ! Attends, je t’apporte tout de suite une croquette ».
Et tante Odile retire précipitamment l’assiette de sous le nez de son neveu. Pourquoi devrait-il manger une croquette alors qu’on sert des escalopes à tout le monde ? Vexé, il regarde Toto se saisir avec énergie de son couteau et de sa fourchette. La croquette arrive sans tarder, il est vrai, mais il s’y attaque avec dégoût. Il se sent confus, humilié.
« Tu sais bien que Léon nous a laissé des consignes précises en nous confiant le gosse. Nous n’avons pas à nous en mêler. Il faut être plus vigilant ».
« Ecoute, tu prends vraiment tout ça au sérieux ? ». Tante Odile lorgne du côté des enfants, absorbés, semble-t-il, par le contenu de leur assiette. Le cousin, en effet, est bien trop affamé pour s’intéresser, au moins pendant dix minutes, à la conversation des adultes, mais lui….Cette viande hachée de dépannage, tirée du congélateur dans son emballage carton et réchauffée à la hâte au micro-onde, n’a rien pour exciter l’appétit. De plus, il sent confusément que ce qui se dit, et dont il ne saisit pas le sens, le concerne directement.
« Très au sérieux, hélas », répond l’oncle à mi-voix. « Tu connais notre Léon, il a toujours été un virtuose de l’arrivisme. Et, maintenant encore, je ne peux que tirer mon chapeau devant le flair dont il fait preuve ».
« Mais c’est absurde, ces affrontements d’idées. On est en plein vaudeville. Non, vraiment, je ne pourrai jamais prendre ça au sérieux ».
« Tu as bien tort. Odile, tout cela est extrêmement grave. Aussi grave que notre départ de cette maison, où nous passons l’été pour la dernière fois. Et que faire ? Léon n’est pas comme moi, il ne veut pas casquer pour la loi de 1976 (87). Et je le comprends, c’est rageant d’avoir à payer sur le dos de ses propres ancêtres… ».
« Oui, il vaut mieux perdre une résidence secondaire, que de participer à cette pantalonnade ridicule… ».
« Je crains, Odile, que nos sacrifices ne se limitent pas à cette maison. Mais, pour une fois, je crois être plus clairvoyant que Léon. Tu vois, quand on commence à faire des concessions, on ne peut plus s’arrêter ».
* **

Kassim écrasa la pédale du frein pour ne pas brûler un feu rouge. Voilà donc d’où sortait cette phrase que sa mémoire d’enfant avait enregistrée !
Mais en quoi avais-tu été clairvoyant, oncle Dominique ?
Avais-tu pressenti que tes petits-enfants vivraient dans la misère, privés de tout ce dont nous jouissions Antoine et moi, autrefois : maison de vacances, jeux informatiques, water-polo, croquet, tennis ?
Mes propres enfants – ne parlons pas de petits-enfants – n’avaient pas accès, eux non plus, au polo, au tennis ou aux jeux de rôles sur Internet. Et ce n’était pas une question d’argent.
Quand on commence à faire des concessions, on ne peut plus s’arrêter.
Mais, au moins, les petites filles de mon père ne périront pas cette semaine !
Elles ne périront pas. Mais, ses arrières petits-enfants seront-ils vraiment les siens ? Seront-ils vraiment mes petits-enfants à moi ? Ils seront des étrangers, qu’on le veuille ou non.
Il n’y a que des perdants. Tout est absurde. Et la cocaïne n’arrangera rien. Il était militaire, il devait exécuter les ordres.
Kassim prit soudain conscience qu’il remontait les Champs Elysées. Il passait précisément devant l’endroit où avait eu lieu, ces jours derniers, l’attentat contre le cadi Malik. La galerie marchande qui avait souffert de l’explosion était fermée, bien entendu.

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87 – Il s’agit de la loi dite du « regroupement familial »selon laquelle toute personne immigrée était autorisée à faire venir ses parents depuis les anciennes colonies françaises.

→ A suivre

29 décembre 2017

« Jzyz »

Onomatopée que l’on trouve dans les chansons destinées à endormir les enfants et qui s’inspire du balbutiement des bébés lorsque ceux-ci ébauchent leurs premiers sons intelligibles.

« Fais ton jzyz mon petit coco
Bois ton lait et fais ton rot
Maman reviendra bientôt
Pour te mettre sur le pot »

Cent quatre chansons pour éveiller l’enfant, par Sigmund Freud et Laurence Pernoud

29 décembre 2017

Bebe – Siempre Me Quedara

Publié par ditchlakwak dans "Musi-Kwak"
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27 décembre 2017

Pauvres filles!!!

Publié par ditchlakwak dans Les "pestis" Kwak, Vidéos
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