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Lili et la voisine sortent (54)
Lili et la voisine sortent. j’ai pas rien dit !. pas un mot. qu’elles téléphonent !. Versailles ! l’ambulance !. non ! je dérangerai pas Tailhefer !. elle sera pas mal à Versailles, l’hôpital est très bien chauffé. elle sera mieux que chez elle. peut-être aussi ?. je réfléchis. que lui ayant parlé de revenants, des olibris de La Publique elle veut plus rester chez elle ?. vous êtes toujours à vous tâter avec les malades. vous avez trop dit ? pas assez ?.
Moi toujours pour les boniments, les efforceries de nénette, en plus de ceux pour les malades, j’ai ceux pour Achille. 9oo. l’ooo pages !. ou pour
Gertrut ! tout aussi escroqueurs l’un que l’autre !… que je voudrais les voir là devant moi se dépecer à vif ! se passer des dagues tort et travers ! se tourner gibelottes !… mais ouiche ! beau foutre !… trouilleux escarpes s’éventrent pas !… Loukoum moins que tous ! vagineux vide !. à travers tout ce monde et l’autre, vous trouverez pas plus exigeant banc de squales !… à râteliers. nageoires nylon !… et de ces limousines, comme ça !… tout gorgés sang des scribouilleurs ! ce qu’ils m’ont pompé moi comme litres ! je le dis !. je le sais !
Je sais plus !… zut !…
Ce coup de la voisine m’a choqué !… pire que La Publique !… l’ambulance !… je vous ai perdus. vous et le fil !. voyons ! voyons !. nous étions à Siegmaringen. tout à travers un autre souvenir. voilà !. il m’en surgit encore un autre !. un autre souvenir !. du Havre, celui-là !. du Havre !. oui, j’y suis !. je remplaçais un confrère, Malouvier, route Nationale. oh ! mais, ça y est !. oh ! mais, j’y suis !. un malade à Montivilliers. je le vois encore ce malade. et son cancer du rectum. j’étais encore drôlement actif, ardent, dévoué à l’époque !. si je cavalais !. tous les appels !. lui ce cancéreux, deux, trois fois par jour !. morphine et pansement. je faisais aussi bien, moi tout seul, que tout un service d’hôpital. pourtant on me l’a emmené ailleurs. pas parce que je le soignais pas bien !. non !. parce qu’il devenait fou !. que la famille pouvait plus le tenir, il se jetait contre tout !. l’armoire. contre la fenêtre ! cassait tout !. que je l’empêchais de se rendre au travail !. il m’accusait ! sa conscience qui le torturait !. sa conscience que c’était fini ! qu’il irait plus à l’usine ! que les gendarmes viendraient le chercher, qu’ils étaient là ! qu’il les voyait venir par la fenêtre ! qu’ils venaient l’emmener en prison ! fainéant ! fainéant ! que depuis soixante ans il s’était jamais arrêté ! jamais ! jamais il avait manqué aux « docks à flottaison » d’Honfleur ! jamais ! « au secours ! au secours ! » j’avais beau faire, moi, mes paroles, et mes « 10 centi » de morphine. jamais il avait manqué !. il a fallu qu’on l’emmène. le cancer est pas tout ! la conscience au travail qu’est tout ! enfin je veux dire pas pour ceux comme Brottin… Gertrut… qu’attendent !… qu’attendent. et que ça vienne !… la preuve. que je suis là aussi. comme Paraz. malade travailleur !. et qu’ils attendent que ça vienne !. fièvre pas la fièvre !. « Où t’en es clown ?., combien de pages ? »
Il était toujours là vers cinq heures, von Raumnitz. à peu près sûr. cinq à sept. après il partait au Château. ou ailleurs. il avait pas qu’un domicile. il recevait partout. toutes les heures de jour et de nuit. une dizaine de domiciles. au Lowen c’était de 5 à 7. chambre 26, juste au-dessus de la nôtre. le truc de tous les policiers, avoir des bureaux partout, des endroits à recevoir partout. les hommes politiques aussi ! et les Ambassades !. d’où que vous vous sentez toujours drôle dans n’importe quelle capitale, certaines rues. Mayfair, Monceau, Riverside. domiciles et gens louches partout. et pas des petits garnos purée. des logis de bohème. non !. de ces appartements somptueux, ultra-luxueux. même là à Siegmaringen les locaux secrets du Raumnitz, pardon ! autre chose que notre piaule ! je connaissais son « aile » au Château, deux étages ! entièrement fleuris !. azalées, hortensias, narcisses !. et de ces roses !. je suis sûr au Kremlin, ils sont pleins de roses au mois de janvier. là au Château, toute une aile à lui, deux étages, Raumnitz avec ses escouades de larbins, femmes de chambre, cuisinières et blanchisseuses, était peut-être mieux loti que Pétain !. plus luxueux que lui !. il avait d’autres locaux en ville. pas que pour lui. pour sa femme, sa fille et ses dogues. vous pourriez pas trouver mieux East-End ou Long-Beach. vous qui demandez des trucs magiques, demandez voir à la police. si elle vous répond : non !. elle ment, elle a !. que demain Paris soit réduit poudre par la bombe Gigi. Z. Y. y aura encore de ces bonbonnières, de ces petits boudoirs cent mètres sous terre, tout le confort, bidet, azalées, caves à liqueurs, cigares comme ça, sofa « tout mousse », qu’appartiendront à la police !. aux polices !. les celles qui seront là !. pour la question ravitaillement, Raumnitz, vous auriez vu ces piles de « cartes » entre les pots de fleurs !… de quoi nourrir tout Siegmaringen !… donc vous voyez, Raumnitz, Madame, et la fille, avaient trop de tout. et pourtant jamais ils nous ont offert la moindre tartine ! biscotte ! ticket !… c’était comme leur point d’honneur. à nous, rien !
Il méprisait pas ma médecine, je le soignais, une aortite grave. mais honoraires ? balpeau !. son point d’honneur ! là au moment, revenant de chez Brinon, c’était question qu’il me fasse monter quelques-uns de ses flics, sortir le dingue et l’infirmière. pour commencer !
A suivre








