Comme ça toutes les gares du monde (58)
Comme ça toutes les gares du monde du moment que les trains de troupes stagnent. la vie sur la terre a dû commencer dans une gare, une stagnation. vous voyez les filles raffluer. bien sûr. elle ma foutue Hilda la garce, c’était que de fiévreuse puberté, pas besoin de gamelle !. costaudes fillettes !. sex-appeal des salles d’attente ! la perversité de voir tant de mâles arrivant d’un coup, tout suants, poilus, puants.
plein les wagons !… et tout bandant leur crier lieb ! lieb !… miracle que c’était, il faut dire les choses, que par les gardes S.A. elles se soient pas trouvées happées, déshabillées, et pire !… l’Hilda et sa bande, servies illico ! friponnes allumeuses !… la Prévôté à la gare, chargée des plates-formes, pensait qu’à coups de crosses et matraques ! de ces gorilles ! ils assommaient deux fois par jour tout ce qu’ils trouvaient déambulant. c’était eux quand on tournait mal, désordre aux roulantes, au piano, trop de gens à travers les rails que les trains pouvaient plus partir, qui ramenaient le calme ! à la matraque !… et si ça rebiffait ? ptaf! au Mauser !… de ces sortes de revolvers-canons, pas à réfléchir ! réglé ! quand la Hilda et les copines voyaient les S. A. cavalcade !… envolée de biches !. mais qu’elles rebondissaient de l’autre tunnel !… une chose à dire pour Hilda, ç’aurait été en d’autres temps elle aurait été mariée. elle avait que seize ans, entendu. mais pardon ! on pouvait ! je parle en médecin. je pose des notes de « réussite », je cote d’1 à 20. vous trouvez pas une fille bien faite, même cherchant bien, sur mille ! je dis !. vitalité, muscles, poumons, nerfs, charme. genoux, chevilles, cuisses, grâce !. je suis le raffiné, hélas ! j’admets. des goûts de Grand-Duc, d’Émir, d’éleveur de pur sang !. bon !. chacun ses petits faibles !. j’ai pas toujours été ce que je suis, pauvre pourchassé loquedu tordu ruine. mais un fait !. un fait !. le genre de débilités monstres, tout rachitiques cellulosiques, sans âges, sans âmes, que les hommes s’envoient ! ma Doué !. et de quels sexes en feu, ma chère !. je dis ces objets de leurs amours seraient à se faire couper les burnes, tout écœurés neurasthéniques, les plus pires priapiques gibbons !. je dis !. ah ! mais au fait l’Hilda Raumnitz que je vous la cote !. elle faisait, jugé sec, « 16 sur 20 », au « Concours Animal des filles ». je suis très de l’avis de Poincaré : « tout phénomène de la nature que vous pouvez pas mesurer existe pas », ainsi pour les dames et les charmes, le diable qu’elles approchent 4 sur 20 !. au plus !. « Concours des Beautés » compris !. la moyenne esthétique est rare !. 10 sur 20 ! quels genoux, chevilles, nichons !. tout bourrelets de panne et bidoche flasque, rapportés la dernière minute, sur quels osselets !… guingois !… Hilda petite garce, surprise de Nature, était pas elle tarée du tout !… réussite coquine, diable au corps !… réussie ?… enfin, 16 sur 20 !… je parle de tout en vétérinaire, en sorte de raciste. la terminologie du monde, peu ou prou, salonnière, proustière, me rendrait facilement assassin. la note !. que la note !. cotez !. pas autre chose !. « retroussez-vous ! voyons ! combien ? ». horticulteurs, si vous voulez !. je veux vous froisser en rien : la fleur !. apprécions la fleur !. pétale ! tige ! donnons-lui une note ! déméritons pas de Poincaré !. Hilda pour la garcerie (caractère féminin secondaire) était aussi joliment douée !. cheveux blond cendré. pas cendrés « au pour », véritables !. et jusqu’aux talons !. vraiment la belle animale boche. et genoux fins, chevilles fines. très rare, fortes cuisses, fesses serrées musclées. le visage pas tellement aimable, ni câlin. de l’esprit Dürer nous dirons, comme son papa. enfin toujours pas « la survoltée bonniche », « beurre et œufs aux anges ». si débandoires bâtardes tristesses !. le père, Commandant, avait dû être joliment bien !. la mère, replète et odalisque !. mais le certain charme Aïcha !. moi qui suis extrêmement raciste, je me méfie, et l’avenir me donnera raison, des extravagances des croisements. mais là l’Hilda, je dois admettre, c’était réussi !. ce qu’était pas réussi du tout, c’est moi le mal que je me donnais que cette foutue môme remonte au Lowen !. je sentais pourtant que c’était sérieux, elle et ses espiègles copines !. lutines voyoutes plein la Gare !. je pouvais demander du renfort, la Prévôté !. j’aimai » pas avoir recours. je pensais à mes femmes enceintes autour du piano et plein les sofas. qu’elles bâfraient et se foutaient du reste !. des femmes à six mois !. à huit mois !. des appétits doubles et triples !. saucisses, bier, goulash ! je pouvais pas leur donner autant !. les Prévôts les assommaient ! de tous les coins de France y en avait, de toutes les provinces !. pourquoi elles s’étaient sauvées ?. Siegmaringen ?. indicatrices, mouches de villages ?. pétasses de lieux-dits ? ou simplement filles d’usines, pour voyager ?. ou leurs hommes à la
L.V.F.?… ou fiancées à des boches ?… peut-être guichetières de Poste Restante ?… presque toutes des certains accents. Nord, Massif Central, Sud-Ouest. pas à leur poser des questions, elles mentaient sur tout !… sauf une vérité : l’appétit. c’est pas le petit supplément de nouilles que je pouvais leur faire avoir, et la lessiveuse de raves, deux fois par semaine, qui pouvaient les rassasier ! donc c’était la Providence ces boules et « roulantes » comme à gogo !. j’allais pas les faire pincer !. tout de même. tout de même. j’avais les autres calamités !. gale, morpions, puces, gonos, poux. et que ça se les repassait ! joyeusement ! vous auriez dit la gare faite pour !. je voyais aboutir pour finir, une saloperie, un nouveau microbe, un fléau, une rigolade de tréponème, qui pousserait sur désinfectants ! un moment tout devient possible !. je les connaissais mes femmes enceintes ! elles déjà !. elles se refilaient tout ce qu’elles pouvaient, à trente, quarante, dans leur dortoir, deux par paillasse. c’était haut dans le bourg leur rue : Schlachtgasse, à l’ex-école d’Agriculture. encore ma fonction ma consigne aller me rendre compte. l’état général de ces dames. et qu’elles se grattaient les bougresses !. j’avais l’air fin moi là sans soufre, sans mercure, sans gamelles !. sans gamelles, surtout ! que des mots !. je te l’aurais vu moi l’Hamlet, philosopher les femmes enceintes ! not to be gamelles !. mais vrai je les trouvais pas souvent, presque jamais !. je bénissais le Ciel d’une façon, qu’elles aient le tel tropisme de la gare !. l’attirance de la soupe de troupe !. l’attirance aussi du piano, et heureuses ! et plein les genoux des choristes. et Lili Marlène ! et dans de ces positions peu chastes, trois quatre femmes enceintes par bonhomme ! qu’elles apprenaient le bon allemand. par Lili Marlène !… toutes ces troupes avaient les voix justes. pas du tout faussettes !. et sur trois !. quatre tons !. toute la buvette, et les plates-formes, et les « roulantes ». « l’accouchement sans douleur » je vois, leur donnez pas à bouffer sauf une gamelle en accouchant ! les miennes seraient restées dans la gare pour accoucher !. moi j’avais rien sauf les nouilles, à leur Ecole d’Agriculture !. Brinon non plus ! Raumnitz
non plus !… ni Pétain !… jamais vous verrez la troupe, soit fritz, slovaque, franzose, russe, japonaise, paouine, refuser l’écuelle !… là, le très grand côté des Armées !… quand y avait encore des casernes vous pouviez vivre des Corps de garde. dès que ça sonnait « au réveil » vous aviez ce qu’il faut à la porte. la queue des hommes dans le besoin « loquedus-la-gamelle ». ça a été remplacé par rien. ces vrais bons usages. tout se perd, remplacé par rien. maintenant hypocrite, la misère on l’envoie bouffer du papier, formulaires et des tampons. et encore plus vite ! plus pressé ! des tanks !. marmites Nacht-Nebel !…
A suivre









