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13 juillet 2025

Toujours maintenant j’avais plus de fous sur mon page ! (56)

Toujours maintenant j’avais plus de fous sur mon page ! oh ! les malades reviendraient !. foutu le camp, mais ils reviendraient !. je devrais, bien sûr, nettoyer !. si y avait moyen !.
Je veux que Mme Raumnitz regarde !. se rende compte !.
« Regardez, madame Raumnitz !
— C’est la guerre, Docteur ! c’est la guerre ! »
Nous faisons un peu de conversation. elle aime à parler avec nous. ils demeuraient en France, à Vincennes. nous parlons de Vincennes. du Lac Daumesnil. Saint-Fargeau. du métro.
Moi qui croyais !. en fait les malades reviennent pas !. ni les impatients des W.C. tout ça doit être filé aux caves, aux grottes. leurs caves préférées. ou sous le Château ?. la frousse les tient. pire que les passages d’R.A.F., Aïcha et la chambre 36 ! je suis sûr. Lili et Aïcha sont là, sur le palier. elles parlent de ci, de ça, de tout. bon !. moi, je dois aller chez Luther. la consultation de Kurt Luther, médecin mobilisé fritz. c’est l’heure !. et après Luther, la Milice. j’ai trois quatre alités aussi, là. des grippes. Darnand est à Ulm, je le verrai pas. je verrai son fils et Bout de l’An… tout ça est pas loin, tout de même une bonne demi-heure, de porte cochère en porte cochère. par bonds !… je vous ai dit. y a pas que Y Armada !… elle est haute !… y a les marauders, rase-motte !… vous avez vu, je vous ai raconté la promenade, la façon qu’ils nous avaient comme sertis de balles pendant tout le long du Danube. de chez Luther à la Milice c’était aussi le long du Danube. la Milice tout des baraques, grandes Adrian à Paillasses les unes sur les autres. le style militaire depuis 18. mais où j’allais consulter, la villa Luther, très coquette, baroque Guillaume II.
Puisque je vous reparle de la promenade, à y repenser, c’est évident, s’ils avaient pas touché Pétain, ni sa queue leu leu des ministres, c’est qu’ils voulaient pas ! un jeu !. et pas un avion fritz en l’air !. jamais !. et pas une mitrailleuse au sol ! en somme, pas de « passive » ! vous pensez la facilité des Corsaires de l’air ! n’importe quel bonhomme, vache, chien, chat, à 4oo à l’heure ! vu ! visé ! feu ! salut !. automatique !. un mosquito ! un marauder ! ils arrêtaient pas, absolument permanents, au-dessus de nous. looping !. looping !. ils arrêtaient pas. ils se relayaient. rafales !. rafales. ricochets !. ptaf !.. personne devait circuler !. la preuve Doriot, vous aviez qu’à voir sa voiture, elle est restée exposée plus de huit jours devant le Prinzenbau (notre mairie) le temps de l’enquête. comme cisaillée de bout en bout, criblée menu, une dentelle !. ils l’avaient piquée sur la route, cueilli, lui, ses gardes du corps, et dactylos et photographes. rrrrac ! qu’ils se rendaient de Constance à une réunion des « Partis » au-delà du Pzimpflingen. oh ! la très secrète réunion !. pas secrète qu’ils l’avaient cueilli !. déchiqueté !. s’ils abattaient pas la promenade, le Pétain et sa clique, c’est que les « ordres » étaient autrement ! Doriot était de l’« ordre » : à moucher !. pas un pli !. pour moi, ils devaient pas avoir d’ordres, rien de spécial.. j’étais dans la « Consigne Routine ». Rien sur les routes !.. la même des boches ou des Anglais ! « Rien sur les routes ! » ni chats, ni chiens, ni bonhommes ! ni brouettes !. tout ce qui bouge : rigodon ! ptof !.. en somme on devait pas réchapper ! que ce soit les schuppos d’en bas ou les marauders R.A.F… feu ! nos pipe » ! n’empêche que Lili, malgré les schuppos qui lui sifflaient hurlaient après : Kormn ! Komm ! et les ricochets du ciel est toujours venue me retrouver. mais elle, j’admets, c’était assez le goût du risque. oh, que j’appréciais pas du tout !. le moment où je quittais le Lowen je lui disais bien « reste là Lili ! bouge pas ! dis aux malades je reviens tout de suite !. reste avec Mme Raumnitz !. reste pas seule ! »
Moi si peu galant, je me mettais en frais.
« Madame Raumnitz, vous voulez bien vous asseoir ?. un moment avec Lili ? je vais à la Milice ! »
Elle avait ses soucis aussi, Mme Raumnitz.
« Oui Docteur ! oui je reste ! mais si vous voyez Hilda, vous voulez lui dire de revenir !. et revenir vite !. que je l’attends depuis hier soir !.
— Oui, madame Raumnitz ! certainement ! comptez sur moi ! »
Je me doutais où elle devait se trouver Hilda von Raumnitz, et deux. trois copines. les jeunes filles en fleurs de Siegmaringen. enfin celles très bien soignées, très bien nourries, des très bonnes familles militaires et diplomatiques. qui n’ont jamais manqué de rien !. forcément l’âge, l’air très salubre, et ce froid si vif, le bouton les turlupinait !. l’âge enragé, 14. 17. et pas que ces petites filles de luxe, épargnées, soignées. les miteuses aussi !. d’autres prétextes, l’éloignement, le danger permanent, les insomnies, les hommes en chasse !. miteux aussi ! en loques aussi ! et convoleurs ! et si ardents ! tous les bosquets ! tous les carrefours ! l’âge enragé 14. 17. surtout les filles !. pas seulement celles-là, d’un lieu bien spécial. l’éloignement, le danger permanent, les hommes en chasse tous les trottoirs. même chose rue Bergère ou Place Blanche !. pour une cigarette. pour un blabla. le chagrin, l’oisiveté, le rut font qu’un !. pas que les gamines !. femmes faites, et grand-mères ! évidemment plus pires ardentes, feu au machin, dans les moments où la page tourne, où l’Histoire rassemble tous les dingues, ouvre ses Dancings d’Épopée ! bonnets et têtes à l’ouragan ! slips par-dessus les moulins ! que les fifis mènent l’Abattoir ! et Corpechot, Maître du Danube ! moi là, question Hilda, et sa bande, sûr, je les retrouvais à la gare !… fatal ! espionnes, troubades, ministresses, gardes-barrière, méli-mélo !… aux salles d’attente ! l’attirance viande fraîche et trains de troupes, plus le piano et les « roulantes », vous représentez ces scènes d’orgies ! un petit peu autre chose de bandant que les pauvres petites branlettes verbeuses des Dix-sept Magots et Neuilly !… il faut la faim et les phosphores pour que ça se donne et rute et sperme sans regarder ! total aux anges ! famine, cancers, blennorragies existent plus !. l’éternité plein la gare !. les avions croisant bien au-dessus !. tout bourrés de foudres ! et que toute la salle et la buvette se passent entre-passent poux, gale, vérole et les amours ! fillettes, sucettes, femmes enceintes, filles-mères, grand-mères, tourlourous ! toutes les armes, toutes les armées, des cinquante trains en attente. toute la buvette entonne en chœur ! Marlène ! la ! la ! sol dièse ! à trois. quatre voix ! passionnément ! et enlacés !. à la renverse plein les fauteuils !. à trois sur les genoux du pianiste ! trois de mes femmes enceintes !. et bien sûr, en plus, entendu, pain à gogo ! boules ! et gamelles !… et sans tickets ! vous pensez bien qu’on regarde pas !. quatre roulantes pleines de marmites d’un train à l’autre. de la buvette aux plates-formes ! le « bifur » Siegmar, je parle de trains de munitions, l’endroit vraiment le plus explosif de tout le Sud-Wurtemberg… Fri-bourg-l’Italie. trois aiguillages et tous les trains, essence, cartouches, bombes. de quoi tout faire sauter jusqu’à Ulm !. aux nuages ! bigorner les avions d’en l’air !. salut !. vous imaginez que j’avais un petit peu de travail lutter pour la vertu d’Hilda, qu’elle se fasse pas cloquer sous un train !. « l’amour est enfant de bohème !… » Salut ! là bon !. vous me plaignez !. toujours est-il le devoir d’abord !. que je passe chez Luther !. trois. quatre consultants. boches et français !. et puis tout de suite à la Milice !. à côté. là je vois encore deux, trois malades. des alités, deux « ordonnances » et les urines. analyses. le pharmacien Hofapotek Hans Richter, si je le connais !. si je vais pas moi-même chercher les potions et les résultats des urines je peux
attendre !… il me sabote !… peut-être il est anti-Hitler ?… sûrement il est anti-français !… et je suis « régulier ». comme toujours !… je prescris jamais que des remèdes absolument impeccables, qu’ont au moins cinquante ans de Codex. ici, c’est selon le formulaire du    Reichsgesundheitsamt…    32
ordonnances. oh, très bon choix, très suffisant ! Reichsprecept !. je le dis, je crains pas, qu’on devrait bien s’en inspirer, nous, en notre France gaspillonne ! prétentiarde conne !. ce ministre de la Santé auteur de ce Reichsprecept, Conti, fut reconnu à Nuremberg, foutu avéré génocide. un genre de Truman. et lors, pendu !. (pas Trumann). mais son Reichsprecept n’empêche, mérite parfaitement de lui survivre. je nous vois faire avec (France éternelle) au bas mot, au plus juste, trois cents milliards d’économies par an. et les malades joliment mieux ! moins tout ahuris, vaniteux, empoisonnés !. je sais ce que j’affirme. cause.

A suivre

6 juillet 2025

Abode Of Distress

Publié par ditchlakwak dans "Musi-Kwak"
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6 juillet 2025

Je dis à Lili : viens !.(55)

Je dis à Lili : viens !. traverser d’abord le palier !. encore plus de monde que tout à l’heure !. des gens du Baren, plus chahuteurs. l’épouvante de Frucht, les jeunes ! qui les voyait finir son hôtel, tout démolir sa brasserie, ses chiottes. bien plus déchaînés que nous du Lowen. d’abord le Stam en bas, la bière. et hop on monte pisser, et la colique ! casser la porte et les verrous, s’enfourner aux gogs !. à six. dix. casser la lunette !. la sonnette !. emporter la couronne, le siège !. victoire ! victoire ! de vive force !. repisser compisser encore plein le vestibule, l’escalier !. que tout déborde ! mais. ah ! tenez-vous ! à l’instant même en position ! en plein la pisse ! deux Allemandes s’épeluchent !. en position !. acharnées !. reniflantes ! retroussées comme ça ! là. et hop ! et toute la jeunesse autour ! trépignante, folle de rigolade ! ça bat plein des mains !. stimule !. et pisse avec ! en peut plus !. deux très belles filles qui sont aux prises. des réfugiées de Dresde. la « ville des artistes ». de Dresde qu’elles venaient toutes les artistes. la ville-abri !. refuge des arts !. les deux là, embrasseuses terribles, chanteuses d’Opéra, il paraît !. et devant les gogs et devant Frucht, et devant tout le monde !. toute la cohue du palier. hurrah ! ils hurlaient !. « hurrah Fraulein ! » une brune et une rousse. l’orgie, c’était pas choisi comme endroit. je peux pas vous dire plus. aux prises, en plein étang de tout !. moi je voyais, c’était impossible que même je pousse la porte. la nôtre, le 11. ils sont je ne sais combien maintenant là-dedans autour de mon lit. autour du maboul et l’opéré dessous. dingues aussi, autour… qui stimulent !… « vas-y ! vas-y ! coupe-z-y l’oreille ! ». ceux-là c’est du sang qu’ils veulent ! « vas-y ! vas-y ! ».
Moi, ma présence d’esprit, toujours ! ni une, ni deux !… « viens Lili !… viens ! »
Surtout vous oubliez pas qu’au Ciel, très haut aux nuages, et plus bas au ras des toits, c’est la ronde !… c’est le tonnerre de Dieu perpétuel, de ces passages de forteresses !… Londres. Augsbourg.
Munich. leurs bouts d’ailes à frôler nos fenêtres. de ces ouragans de moteurs !. vous étiez sourd !. à rien entendre !. même les hurlements du palier !.
Oui. ils étaient massés, tout le Baren à hurler que les filles s’arrachent. et dans notre piaule, les gueulements que l’autre lui coupe l’oreille !.
Vous pensez qu’avec Lili on parvienne l’étage au-dessus ! à travers cette cohue de furieux ! le mal ! enfin on pousse ! les repousse ! on y est !. ça y est !. l’escalier !. le 28 ! je cogne ! ah ! c’est Aïcha ! Frau Aïcha von Raumnitz. elle nous ouvre. ils sont mariés, vraiment mariés. je vous expliquerai. elle nous ouvre. Aïcha Raumnitz parle pas plus allemand que Lili. trois mots !. elle a été élevée à Beyrouth. elle est de par là, je vous expliquerai. au moment je veux voir son mari. une chance que je le trouve !. il est allongé, en robe de chambre.
« Alors, Docteur ? alors ?
—    Je viens de la part de Brinon vous demander.
—    Je sais. je sais. il me coupe la parole. vous avez un fou chez vous. et plein de fous encore plein le couloir. je sais !. Aïcha !. Aïcha !. veux-tu ! »
Pas beaucoup le temps de réflexion.
Il lui passe un trousseau de clefs.
« Prends les chiens !. »
Les deux dogues. il fait signe aux dogues. un bond, ils sont aux pieds de sa femme. enfin, à sa botte !. elle porte bottes. bottes cuir rouge. elle fait cavalière orientale, toujours à tapoter ses bottes. et une très grosse cravache jaune.
« Allons, Docteur !. »
J’ai plus qu’à la suivre. avec elle je sais que tout s’arrange. les dogues savent aussi. ils se mettent à grogner et ils montrent les crocs. crocs comme ça !. moi je voyais, c’était impossible que même je pousse la porte. la nôtre, le 11. ils sont je ne sais combien maintenant là-dedans autour de mon lit. autour du maboul et l’opéré dessous. dingues aussi, autour… qui stimulent !… « vas-y ! vas-y ! coupe-z-y l’oreille ! ». ceux-là c’est du sang qu’ils veulent ! « vas-y ! vas-y ! ».
Moi, ma présence d’esprit, toujours ! ni une, ni deux !… « viens Lili !… viens ! »
Surtout vous oubliez pas qu’au Ciel, très haut aux nuages, et plus bas au ras des toits, c’est la ronde !… c’est le tonnerre de Dieu perpétuel, de ces passages de forteresses !… Londres. Augsbourg.
Munich. leurs bouts d’ailes à frôler nos fenêtres. de ces ouragans de moteurs !. vous étiez sourd !. à rien entendre !. même les hurlements du palier !.
Oui. ils étaient massés, tout le Baren à hurler que les filles s’arrachent. et dans notre piaule, les gueulements que l’autre lui coupe l’oreille !.
Vous pensez qu’avec Lili on parvienne l’étage au-dessus ! à travers cette cohue de furieux ! le mal ! enfin on pousse ! les repousse ! on y est !. ça y est !. l’escalier !. le 28 ! je cogne ! ah ! c’est Aïcha ! Frau Aïcha von Raumnitz. elle nous ouvre. ils sont mariés, vraiment mariés. je vous expliquerai. elle nous ouvre. Aïcha Raumnitz parle pas plus allemand que Lili. trois mots !. elle a été élevée à Beyrouth. elle est de par là, je vous expliquerai. au moment je veux voir son mari. une chance que je le trouve !. il est allongé, en robe de chambre.
« Alors, Docteur ? alors ?
—    Je viens de la part de Brinon vous demander.
—    Je sais. je sais. il me coupe la parole. vous avez un fou chez vous. et plein de fous encore plein le couloir. je sais !. Aïcha !. Aïcha !. veux-tu ! »
Pas beaucoup le temps de réflexion.
Il lui passe un trousseau de clefs.
« Prends les chiens !. »
Les deux dogues. il fait signe aux dogues. un bond, ils sont aux pieds de sa femme. enfin, à sa botte !. elle porte bottes. bottes cuir rouge. elle fait cavalière orientale, toujours à tapoter ses bottes. et une très grosse cravache jaune.
« Allons, Docteur !. »
J’ai plus qu’à la suivre. avec elle je sais que tout s’arrange. les dogues savent aussi. ils se mettent à grogner et ils montrent les crocs. crocs comme ça !.       ils cessent pas de grogner… ils mordent pas !… ils suivent Madame dans les talons !… ils sont prêts à déchirer celui qu’elle fera signe. c’est tout !… oh ! des bêtes dressées admirable !… et costauds ! des buffles !… mufles, poitrails, jarrets ! que rien que l’élan qu’elles vous arrivent vous êtes étendu !. pas ouf !… je vous parle pas des crocs. une bouchée, vous, vos carotides !… y a du respect !… Aïcha, ses dogues, on s’écarte !… personne demande ceci. cela. Aïcha parle pas non plus. elle va assez langoureusement. ondulante des hanches. pas vite. tous les dégoûtants se reculottent. les braillards pisseurs. tout refoule vers la rue. la brune et la rousse aussi, elles se rafistolent. et hop !. sautent !. stupre pas stupre !. les pires faunesses se touchent plus !. hurlent plus !. personne rugit plus de rien. même du supplice d’envie de caca !. chez moi. chez moi, ma porte, le 11, sitôt entrevue Aïcha, panique, affolerie ! ils nous renversent calter plus vite ! ils se montent dessus, qui qui passera !. ah ! le chirurgien et l’infirmière et le garagiste et son oreille !. comment tout ça jaillit de mon lit ! requinque, court ! sauve qui peut !. c’est le chirurgien maintenant qui hurle ! Ça le prend !. celui qu’était sous lui crie plus, le réfugié de Strasbourg. l’infirmière emporte les boîtes d’ouate. ils veulent tous passer à la fois. en même temps ! oh ! mais pardon ça va plus !.. Aïcha a l’œil !. elle est langoureuse mais précise !. « stop ! stop ! » qu’elle fait. aux trois !. qu’ils bougent plus ! qu’ils restent là !. pile ! le dingue, l’infirmière, et l’hagard ! tous là ! sur place !. et le nez contre le mur !. elle leur montre !. bien debout ! bien contre !. les dogues leur grognent fort aux fesses. les crocs, je vous ai dit !. il s’agit plus de remuer du tout !. ils remuent plus. tout le palier est dégagé et le grand couloir, ma chambre, plus personne !. le vide !. ah ! les pisseurs qui se tenaient plus ! et les deux artistes !. tous ces effrénés ! clic et clac ! un charme !. mais c’est pas tout !. Aïcha avait son idée. Komm ! un coup, elle leur parle en allemand. aux trois, nez au mur. qu’ils viennent qu’ils la suivent !. je la suis aussi moi ! je veux voir aussi. tout à l’autre bout du vestibule, un petit passage et puis deux marches… le 36 !… la porte du 36. cracc ! cracc !… elle ouvre !… elle fait signe au fou qu’il passe le premier, puis son infirmière, puis l’homme de Strasbourg. ils hésitent. ah ! elle aime pas l’hésitation, Aïcha. « allons. allons !. » ils roulent tous les trois de ces calots !. surtout le garagiste !. ils se tâtent s’ils entrent. ils regardent les dogues. ils montent les deux marches. Chambre 36. je la connais cette chambre. enfin, un peu. deux fois j’y avais déjà été, pour Raumnitz, pour deux fugitifs qu’on avait ramenés de je ne sais où. deux vieillards. c’était la seule chambre solide de tout le Lowen. comme fortifiée vous auriez dit, les murs béton, porte de fer, fenêtres à barreaux. pas petits barreaux ! des « super-prisons », je connais. toutes les autres piaules du Lowen étaient comme flottantes, ondulantes, jeux de briques et de fissures. tout débinait ! les plâtras, le plafond, les lits, tout ! pas un lit qu’avait ses quatre pieds !. trois, au plus ! beaucoup, qu’un ! vous pensez le branlement des avions ! c’était plus à rien recoller ! Herr Frucht entretenait plus rien ! et les locataires y en mettaient un coup, en plus, de descellement, décollage. ils se vengeaient comme ils pouvaient, des boches, du Frucht, des avions dans l’air, et d’être là, eux !. de tout ! ils s’assoyaient à deux, trois, quatre, sur chaque chaise !. qu’elle craque bien !. dix, quinze sur le page !. bordel !. eh ! merde !. surtout les soldats de passage, les renforts pour la ligne du Rhin. ceux-là alors Landsturm pardon !. pillards finis ! mais y avait plus rien à piller !. tout était broyé ! envolé ! comme mon local rue Girardon ! ce qu’est excitant dans les visites c’est qu’on peut voler !. et y avait plus rien d’emportable. tout le Lowen tanguait vacillait sous les « Armadas » Londres, Munich. de ces vrombissements, mille moteurs, que les tuiles voltigeaient plein l’air !. miettes à la chaussée, au trottoir !. les plafonds, pensez !. oh ! mais pas ceux de la Chambre 36 ! la seule du Lowen à l’épreuve !. j’avais remarqué, je vous ai dit. la cellule absolument nette !. j’allais pas poser de questions, ce qu’étaient devenus les deux vieillards. ni ce qu’on allait faire des autres. le fou l’infirmière et le garagiste. c’était aussi des « fugitifs »… nous aussi, si on voulait… toujours est-il la chambre 36 c’est Aïcha qu’était chargée d’accueillir, ouvrir, boucler. ce qui se passait ?… je pouvais pas demander à Raumnitz… il paraît que la nuit, des ragots, y avait des départs. il paraît. qu’un camion passait certaines nuits. moi, je l’ai jamais vu ce camion !. et je sortais cependant pas mal à toute heure de nuit. une seule chose sûre : des semaines entières le 36 était vide. et puis tout à coup rempli de gens !. la légende, le ragot, c’était que ce camion devait jamais être vu par personne. qu’on les embarquait enchaînés, tous les soi-disant fugitifs, qu’on les emmenait très loin à l’Est. soi-disant plus loin que Posen. soi-disant un camp ?. j’allais pas demander à Raumnitz ce qu’il leur faisait faire à Posen !. ni à Aïcha !. en tout cas, une chose, elle m’avait, cinq sec, drôlement liquidé notre piaule !. la panique !. une autorité, Aïcha ! aussi, je veux, ses dogues !. sa cravache !

A suivre

5 juillet 2025

Zemmour et le Climat | Naïm Humour

Publié par ditchlakwak dans Humour
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