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10 août 2025

Les voyageurs margottons (60)

Les voyageurs margottons, pourtant leur train les sifflait qu’ils rappliquent qu’ils remontent ! que leur dur allait redémarrer !. salut ! zéro !. ils s’affalaient à même les voies ! sous les wagons ! que le train les écrase !. ils sabotaient !. part ?. pas ?. les S.A. hurlaient : los ! los !… que le dur parte quand même ! les machinistes qui hésitaient. les grand-mères à travers les rails !. je vous ai pas parlé de ces vieilles femmes, une autre secte. les « assistées » de notre mairie. oui ! oui ! la nôtre ! la française ! une
fonction, le bureau de bienfaisance, de les envoyer bouffer ailleurs ! n’importe où ! à travers l’Allemagne… n’importe quel train !… débarrasser ! je dis « à tout hasard » !… je voyais le maire, sa grande carte au mur, toute l’Allemagne, leur choisir une destination, n’importe laquelle !…    « voilà votre
réquisition ! » c’était des vieilles à fils quelque part. L.V.F., Pologne, Silésie, Kriegsmarine… elles se faisaient virer, et comment ! de bombes en bifurs elles revenaient. on les revoyait à la gare. habillées en troupiers boches, en loques de cadavres. ce qu’elles avaient trouvé !. elles s’étaient déjà sauvées de France, réfugiées de la Drôme, Lozère, Guyenne. on avait brûlé leur maison, saccagée zéro !. je sais par ma propre expérience. elles revenaient, fatal, à Pétain !. pour les dames d’un certain âge, Pétain c’était la France, c’est tout. ma père aussi est morte ainsi, Pétain la France. toujours elles revenaient à pied, nu-pieds, de n’importe quel dorf, lieu-dit du Brandebourg, de Saxe, Hanovre, habillées soldates !. ah elles voulaient plus de notre Mairie !. plus entendre parler ! « dépêchez-vous ! prenez le premier train grand-mère ! voilà votre billet ! » on leur avait fait quatre fois !. dix fois !.
Si elles avaient fini en route, écrabouillées, ça se serait pas su. eh ! bougre ! combien disparurent ?. celles qui revenaient, grand-mères d’expérience, parlez qu’elles voulaient plus de billets !. rester à la gare et c’est tout ! fidèles à Pétain, à travers les rails !. avec les dames de la Mission !. le moment était venu qu’elles résistaient à toutes les menaces, matraques, pataquès. elles faisaient rigoler les roulantes comme elles s’imposaient !. leur place à personne ! une ganetouse !. une autre !. aussitôt qu’elles me voyaient de loin, fallait que j’arrive, que je les examine, la langue, le foie, la tension. je me croyais encore à Clichy. les aigreurs aussi !. il fallait que je les fasse s’étendre, que je les regarde bien. leur tâte l’estomac, l’endroit précis ! de ces aigreurs !. que chez elles à Voulzanon (Lot) le docteur Chamouin (que je devais connaître) leur avait prescrit une certaine poudre. qu’elles se rappelaient plus du nom mais
qu’était vraiment merveilleuse !… (que je devais la connaître aussi).
« Oh oui ! oui ! certainement madame ! je vous en apporterai ! restez là ! restez là ! »
Je donnais bien vingt consultations, d’une banquette à l’autre. d’un ballast l’autre. et à la buvette !… plus ardu là, trop de chants !… pas seulement aux personnes âgées, aux civils et aux militaires. le piano arrêtait jamais. ni « Lili Mar-lène » !… ni les trains dehors. ni en l’air, le vrombissant manège « Forteresse ». London Munich. Dresde. mièvrerie gauloise, terreur que le ciel tombe !. un moment si tout le monde s’en fout !. ganetouse, Déesse ! merde pour le ciel ! grand-mères militaires !. mes femmes enceintes aussi ! coquettes !. de ces arrangements pour les bottes, paquets de journaux, fonds de vieux feutres et ficelles et paille qu’elles pouvaient tenir dehors des heures !. et sous la flotte ! les prisonniers, leur fort, les guêtres ! avec des pneumatiques troués. j’avais déjà vu au Cameroun, des populations entières, chaussées « pneumatiques ». au fond, c’est l’expérience qui compte. j’ai vu un peu partout dans le monde des gens se passer parfaitement de chaussures. après la bombe H. V. Z. vous verrez un peu ces génies !. ces ingéniosités conjointes Manhattan-Moscou !. la bombe est qu’un moment de colère tandis que la question de bottes est vraiment le permanent problème ! là toujours, ce qu’était essentiel, c’était de ramener la petite Raumnitz. je pouvais faire attention au père !. tout était périlleux extrême ! le ciel je vous dis, l’habitude !. ces escadres au ras de la gare et du Château, que d’un geste, d’un seul petit doigt, ils auraient pu nous tourner torche, nous, les aqueducs et tous les trains de troupes !. une bombe !. toutes les munitions éclataient !. on avait vu Ulm !. Ulm leur avait pris un quart d’heure !. moi l’instant, c’était pas la grande stratégie, c’était qu’Hilda rentre chez son père ! je l’avais appelée vingt fois ! Hilda ! je pouvais y aller ! le mieux, la résolution : les S.A. !. tout le monde à la route ! vider les plates-formes, la buvette, les rails ! après, on verrait ! oh mais tout de suite ça se rebiffe ! crie !
« S.A., faites sortir tout le monde ! » je vous ai raconté les S.A… de ces énormes armoires à muscles, et méchants butés, fronts de gorilles et des pristis de Mauser comme ça ! modèle « canon de poche » !
« Franzose ? Franzose ? »
Ils me demandent.
« Nein !… nein ! Obersturmführer von Raumnitz. »

A suivre

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