Je vous ai montré à la gare toutes ces hurleries et chansons, et toutes ces manières de plus pouvoir se retenir à rien !. nulle part ! jusqu’à la cuisina !. en bas pisser dans les Stam !. c’était arrivé !. alors ? alors ?. on le trouvera pas cette fois-ci, roupillant, l’Obersturmfüher ! non ! oh ! qu’il était farouche sur l’œil ! en tout !. partout !. et sur tous !
Raumnitz !. l’Aïcha de même !. en bottes, et sa grosse cravache !. pas près d’être surpris
endormis !. qui-vive, les deux !.
Enfin, toujours est-il, le fait, c’est que j’étais revenu au Lowen avec leur fille en bon état. on aurait pu me remercier, je trouvais ! il me semblait. je pouvais attendre !. rien à attendre de tels outragés sournois fessés morfondus haineux !. toujours est-il ça leur aurait pas gercé la glotte d’y aller d’un petit mot aimable. « C’est bien grâce à vous, Docteur!. » ouiche !. qu’ils se croyaient toujours les vainqueurs ! pas aucune raison de prendre des gants !. comme ça les saloperies boches !. pareils les Anglais !. leur très horrible inné naturel !. vainqueurs méprisants ! une fois pour toutes ! fesses, pas fesses !. et là pardon ! que j’avais qu’à me taire !… qu’ils attendaient qu’il me vienne un mot !… et qu’il me démangeait le mot !… aussi bien au fessé Raumnitz qu’à sa grosse ondoyeuse mémère ! sa houri à bottes et cravache !… ses dogues !… et sa chambre 36 !… sa chambre ?… je me comprends !. je redescends donc à notre étage !. un peu réenvahi déjà !. tout le palier !. Raumnitz avait dû permettre ! ses flics avaient laissé remonter. il avait fait rouvrir les gogs… mais plus de siège aux gogs ! les gens faisaient direct dans le trou !. bon !. c’était moins sale. ils regorgeaient moins, déversaient moins. plein le palier !… ça, c’était heureux ! Frucht aurait moins à éponger ! à peine j’étais devant notre porte, le 11, un boucan d’en bas !. et des ordres !. « Laissez passer ! laissez passer ! » comme quelque chose de lourd qu’on monte. les gens des gogs y vont pour voir. ils obstruent !. los ! los ! oh ! mais c’est un homme le paquet !. très gros paquet. des flics qui le montent, le hissent !. là, ça y est ! il est ficelé !. même enchaîné qu’il est ! et quelles chaînes !. du cou aux chevilles ! il se sauvera pas !. ah ! mais diable ! j’y suis !. c’est le Commissaire Papillon ! sa tronche ! il est tellement tuméfié ! l’état !. que presque je l’aurais pas reconnu !. boursouflé, double ! triple ! comme les pieds des soldats de la gare ! qu’est-ce qu’ils y avaient mis ! soigné, les Fritz !. je vous ai pas dit, je le connaissais, ce Papillon !. Commissaire spécial de la Garde d’Honneur du Château. « spécial » attaché à Pétain. l’aventure !. je voyais, je comprenais. je suis assez long à comprendre. je veux comprendre très scrupuleusement. je suis de l’école Ribot. « On ne voit que ce qu’on regarde et on ne regarde que ce qu’on a déjà dans l’esprit ». je l’avais constamment dans l’esprit le Commissaire spécial Papillon !. et depuis bien des mois !. depuis le moment qu’il m’avait dit : « Vous savez Docteur ! on y va ! » même c’est la justice à me rendre j’y avais répondu tac ! net !. « Commissaire vous y perdrez tout ! c’est un piège !. ils vous ramèneront en bouillie ! restez au Château ! » basta !. il en avait fait qu’à sa tête !. elle était jolie sa tête !. il était pas le seul sur cette idée de passer en Suisse !. pardi !. les 114 é rayaient… tout Siegmaringen demandait qu’à se sauver à Bâle par Schaffhouse !… mais voilà !… voilà !… la frontière ? s’il s’était fait embarquer le Commissaire spécial Papillon !… et ramener comme !… en cheville avec un « passeur », soi-disant !… « un passeur » où nous en étions, normal, naturel, pour les cigarettes ! la morphine, et les lampes de poche !… mais pour soi-même en personne c’était se foutre bien sûr entendu dans tous les traquenards de bourres !… fritz, franzose et suisses !… il avait le
bonjour, Papillon !… il avait vu !… j’y avais dit ! surtout « Policier d’Etat » ! pas puceau !… non !… là, c’est les Fritz qu’avaient gagné ! ils le ramenaient, boudiné enchaîné, ils le déposaient sur le palier. vlang !… devant les gogs !… que tout le monde en prenne de la graine, se rende compte, comment c’était le passage en Suisse !. j’avais pas besoin de détails !. déjà cent c’était arrivé ! gaulés !. la frontière coupe-gorge !… 20 kilomètres en deci !… en delà !… le dispositif depuis des siècles !… no man’s land puzzle ! vous vous y faisiez flinguer par les gardes françaises, suisses, ou fritz. parfaitement d’accord !… à vue ! feu !… fifis, S.A., ou Guillaumes Tells !… chasse ouverte !… tout ce qui se risquait. en tapinois. ou carrément pfatf!.. mouche ! pas d’histoires !. de jour comme de nuit !. rigodon !. un coup de projecteur ! « On vous demande !. pas plus loin, touriste ! » abattu, ficelé, embarqué ! cinq secs ! le scénario était classique. ou laissé sur place, froid. c’était selon les ordres de Berlin et de Berne. ou ramené en Fridolie, comme le commissaire Papillon, gisant, exposé, enchaîné. que tous puissent bien voir, se rendre compte.
Si les Suisses gagnaient ?. pile ou face !. le mec alors, c’était du Bâle !. à petites étapes ! et puis après, on ne sait où !. livré surtout aux fifis ! la Chaux de Fonds-Fresnes !. allez pas croire, tant que les journaux, aux guerres totales !. beaux pièges à cons !. atomiques ou pas !. elles dépassent jamais les polices !. jamais si profondes ! les « no man’s land » sont faits exprès pour pas rupturer les fines fibres. que les flics restent bien bout à bout, aimables et professionnels. sous les pires cyclones fana-
tistes !… « je vous en prie ! ce petit lapin !… » et vous maintiennent un certain ordre. que c’est pas la peine d’insister !… qu’une certaine paix est déjà faite !… les guerres sont que des incidents, même les « totales » ! là, le Commissaire Papillon ç’avait été une rigolade !… l’arraisonner l’empaqueter, le ramener d’où il venait !… ils auraient pu l’empailler, aussi bien ! somnambule ! pas fait ouf !… il se promenait en toute inconscience. il aurait regardé son « passeur » seulement un petit peu !. et tous les passeurs d’abord ! leurs fioles ! vous vous sentiez assassiné rien que les détailler un petit peu. leurs coups d’œil, leurs biais profils. j’ai vu je peux dire bien des prisons et de ces tarés dégénérés, des « nés bagnards », « Lombroso types », vraies pièce » de musées ! mais là dans ce « no man’ s land » bocho-helvète vous trouviez de ces individus, genre coureurs des bois, « cromagnons » qu’étaient des vrais sujets de « cliniques » extrêmement instructifs d’un sens. « quaternaires ». ils auraient mangé des humains vous auriez pas à être surpris. tous auxiliaires de la police, bien entendu !. toutes les polices et
gendarmes !. contrebandes, tout ce que vous vouliez !. le cas de tous les dégénérés, « type récessif » toujours tous indics et passeurs. que ce soit au Cameroun, les Pygmées, entre Paouins et Mabillas. ou boulevard Barbés, les petits hommes, entre les mineures et la came, trafic « la Mondaine. » ou Bloomsbury, Londres, l’opium et l’avortement, Whitehall 1212.
A suivre






