Ils nous parlent d’incendies de mines. illustrations et interwiouves. ils larmoyent, ils se branlent infini, sur les pauvres mineurs de fond, les traîtrises de flammes et grisous !. merde !. et sur ce pauvre Budapest, la férocité des tanks russes. ils parlent jamais, et c’est un tort, comment leurs frères eux, furent traités roustis en Allemagne sous les grandes ailes démocratiques. y a de la pudeur, on n’en parle pas. ils avaient qu’à pas y être !. c’est tout !. le dernier consul de Vichy, il devait la vie, il avait passé à travers les flammes, grâce à un kilo de café. tout ce qui restait du Consulat. il l’avait sous le bras, son kilo. pas les fiches, lui !. les pompiers juste partaient du Centre, de devant chez lui. ils allaient risquer le tout pour le tout !. du centre de Dresde à travers bombes, soufre, tornades de feu jusqu’où ça bombardait plus !. hors ville, aux collines !. vous parlez d’un sprint !. la pompe, les pompiers, lui, le café !. il s’agissait plus d’éteindre rien, il s’agissait de pas être roustis ! ils l’avaient pris pour son café les pompiers de Dresde ! et te l’avaient hissé ficelé sur leur pompe-machine, tout en haut de l’échelle !. et hop ! et hiss !. lui, le café, à travers les rues fleuves de feu !
Pour ça, là l’Orphize, et sa femme, qu’arrivaient de Dresde, fignolés, maquillés, élégantes vedettes. et voilette !. je pensais un petit peu. je pensais. et même qu’il voulait me faire tourner !. moi !. et La Vigue ! et Luchaire !. et sa fille Corinne. et Lili !. et Bébert !. pour que nos amis de France nous voient bien, nous oublient pas ! tout d’abord, et d’un, qu’il allait passer ça en Suisse !. et puis à Montmartre. le joli film ! « La vie quotidienne à Siegmaringen ». Corinne Luchaire n’était pas là, elle était à Saint-Blasien, en sanatorium. oh, mais pas d’histoires ! elle viendrait ! pas de difficultés ! c’était d’accord avec son père ! et avec Laval ! et Brinon ! et Pétain !. que les admirateurs se régalent !.
C’étaient des choses à faire penser. je réfléchissais. il était là-haut chez Raumnitz.
Voilà qu’on descend… je me dis : c’est eux !… en effet !… pas lui seulement et sa femme. Aïcha aussi, et les dogues. lui m’interpelle en descendant. « Céline ! Céline !. je vais avec Mme Raumnitz ! nous allons voir leur appareil ! oh ! je ne serai pas long ! une minute !. je reviens !. vous m’attendez ?
— Oui !. oui !. oui !. certainement ! »
Je promets.
Ils passent tous les trois devant notre porte. lui est toujours aussi fringant ! allant !. elle est pas aussi hardie. non !. elle lui donne le bras. elle va à petits pas. yeux baissés. j’oubliais de vous dire ! les yeux faits. longs faux cils, Musidora. et même les minuscules paillettes ! faux cils, sourcils pailletés !. tout !. vous auriez dit : Sunset Boulevard ! j’y ai été Sunset Boulevard !… oh ! bien des années ! là, je les voyais aller plus loin, les trois. en fait de boulevard ! bien plus loin que le corridor !. Aïcha leur montrait le chemin. ils avaient qu’à suivre. la suivre !. qu’ils se trompent pas !. par là !. par là ! Aïcha, sa cravache, ses dogues !. par là !. c’est pas moi qu’allais dire un mot !. je fais à Lili : « les regarde pas ! rentre ! » je rentre avec. on rentre chez nous. c’est pas le moment de savoir ci !. ça ! pas raconter au Château. ni à la Milice. ni au Fidelis !.. si Raumnitz m’en parle je dirai que j’ai rien vu.
Deux. trois minutes, aucun bruit. rien. et puis des pas. Aïcha. on l’entend revenir. toc ! toc !.. elle frappe.
« Vous allez bien ? » Elle nous demande.
« Oh ! très très bien, madame Raumnitz ! tous mes hommages, Frau Commandant ! »
Je me fais la voix plutôt allègre, jeune ! content de la voir !. y a des politesses !. y a des personnes qui savent vivre. c’est assez souvent qu’elle frappe comme ça à notre porte pour demander de nos nouvelles. si on va ?. je lui réponds toujours que oui !. oh ! là ! là ! très bien !.
Toutes ces petites histoires. avatars. m’avaient empêché de sortir, d’aller où je devais. vous avez remarqué ?. deux jours. pendant deux jours. non seulement les malades à voir, au Fidelis. aussi à l’autre bout du bourg, et aussi à la Milice… et plus retourner chez Luther, la consultation. là, sûr, quelqu’un consultait en mon lieu et place !… un autre faux médecin imposteur. certainement !… le rendez-vous des faux médecins, mon cabinet chez Luther. de toute l’Allemagne ils venaient aboutir chez Luther, et à « mes heures » ! mes propres heures ! et avec leurs infirmières !. je faisais comme aimant !. aimant des baroques. si en plus ils venaient « opérer » ça pouvait se terminer très mal !. oh ! s’ils ne faisaient que « prescrire ». comme l’Hof Richter manquait de tout, ça pouvait pas aller loin ! mais les bougres avaient la manie d’opérer ! n’importe quoi, n’importe comment, hernie, otite, verrues, kystes !. trancher qu’ils voulaient, tous !. chirurgiens !. c’est bien à remarquer, même dans la vie ordinaire que, les dingues, minés, rebouteux, chiropractes, fakirs, sont pas satisfaits du tout de donner juste des petits conseils, pilules, fioles, gris-gris, caramels. non !. le Grand Jeu qui les hante !. Grand Guignol !. que ça saigne !. pantèle !. oh ! sans faire du tout du Daudet, l’évidence même, que la chirurgie ordinaire, bien impeccable, bien officielle, tient plus qu’un peu du Cirque Romain !. sacrifices humains bien tartufes !. mais que les victimes en redemandent ! autopunitifs comme pas ! qu’on leur coupe tout !. nez, gorges, ovaires. beurre des chirurgiens ! charcutiers de précision, horlogers. vous avez un fils qui se destine ?. se sent-il réel assassin ?. inné ? le vieux fond anthropopithèque ? décerveleur, trépaneur, cro-magnon ?. bon ! bon ! excellent !. des Cavernes ? qu’il se lance ! qu’il le proclame ! il a le don !. la Chirurgie est son affaire ! il a l’étoffe du « Grand Patron » !. les dames, connes et sadiques comme pas ! pâmeront rien que de lui voir les mains. « Ah ! quelles mains ! ». godent folles !. supplient, râlent, qu’il leur prenne bien tout ! et vite ! tout leur bulle ! leur dot ! leur utérus ! leur essentiel et les nichons ! les éventre bien !. leur retourne bien le péritoine, les évide ! lapines ! toutes leurs tripes bien dégoulinantes ! tout leur bazar ! plusieurs kilos, plein le plateau !. formidable assassin chéri !.
« sacrificateur de mon cœur » Landru, Petiot, d’Académie !
Idoles aztèques ? pfiit ! sangs caillés, grimaces !… gros mangeurs paouins privés de missionnaires ?… à rire !… Sade, divin marquis ?… gamineries ! la moindre salle d’opération, là vous voyez le réel Grand Art !… « Sacrificateurs cousus d’or ! » et les
vivisectionnés, ravis ! aux anges !… les animaux à la Villette ou Chicago ont peur ! ils ont le sens de ce qui va se passer. les chers malades du Grand Patron vont se faire ouvrir avec amour.
A suivre








