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25 janvier 2026

Je vois qu’on s’entendait admirablement (84)

Publié par ditchlakwak dans Divers

Je vois qu’on s’entendait admirablement… d’accord sur tout !… la célébration de la Victoire place de la Défense, toutes les délégations d’Europe autour de la formidable statue, dix fois plus grosse, large, haute, que la « Liberté » de New York ! quelque chose ! l’Aède à l’Honneur et sa barbe !
C’est à ce moment-là, je ne sais pourquoi, qu’ils se sont mis à ne plus s’entendre. Chateaubriant réfléchissait. Abetz aussi. Hoffmann aussi. je disais rien. Chateaubriant rompt le silence. il a une idée !.
« Vous ne trouvez pas, mon cher Abetz, que pour un tel événement ? l’Opéra de Berlin ? l’Opéra de Paris ? les deux orchestres ?
—    Certainement ! certainement mon cher !
—    La Chevauchée des Walkyries ! le seul air ! oh ! le seul air ! celui-là ! »
Nous étions aussi d’accord ! tout à fait ! la Chevauchée !
Mais voilà qu’il nous la siffle ! la Walkyrie !. et faux ! la Chevauchée !. il la chantonne. encore plus faux !. il mime la trompette avec son piolet ! de sa bouche au lustre ! comme s’il en soufflait !. tant qu’il peut !. Abetz se permet un mot.
« Chateaubriant ! Chateaubriant ! je vous prie ! permettez-moi !. la trompette seulement sur le do !. final ! final ! pas sur le sol ! ce sont les trombones sur le sol ! pas de trompettes. pas la trompette, Chateaubriant !
—    Comment, pas la trompette ? »
Là, je vois un homme qui se déconcerte !. d’un seul coup ! le piolet lui tombe des mains. une seconde, sa figure change tout pour tout !. cette remarque !. il est comme hagard !. c’est de trop !. il était en plein enthousiasme. il regarde Abetz. il regarde la table. attrape une soucoupe. et vlang ! y envoie ! et encore une autre !. et une assiette !. et
un plat !… c’est la fête foraine ! plein la tête ! il est remonté ! tout ça va éclater en face contre les étagères de vaisselle ! parpille en miettes et vlaf !… ptaf !… partout ! et encore ! c’est du jeu de massacre !… le coup de sang d’Alphonse ! que ce petit peigne-cul d’Abetz se permet que sa Walkyrie est pas juste ! l’arrogance de ce paltoquet ! ah célébration de la Victoire ! salut !… ptaf ! vlang ! balistique et têtes de pipes !… il leur en fout !… fureur, il se connaît plus ! si ils planquent leurs têtes l’Abetz et Hoffmann ! l’autre bord ! sous la table ! sous la nappe ! pvlaf ! beng ! la vaisselle leur éclate partout ! le service en prend !. je le reconnais plus du coup de sang ! il est hérissé, positif ! les cheveux la barbouse hérissés de colère ! qu’ils y ont trouvé sa trompette fausse !… sûrement y avait quelque chose entre eux déjà, sûrement !. j’avais entendu parler qu’ils s’en voulaient pour le loyer de leur Chalet en Forêt Noire. qu’Abetz voulait plus payer. sa femme plutôt, Suzanne. trompette, Walkyries, Charlemagne étaient pas la vraie raison de cet extravagant accès. c’était autre chose, plus sérieux, enfin d’une façon. toujours je voyais là l’Alphonse, lui toujours si poli, mondain, tourné lui-même Walkyrie !. tout y avait passé ! toute la pièce ! tous les bibelots !. un coup de raptus émotif ! la folie ! si Myrta sa chienne avait pas pris d’un coup si peur et aboyé soudain si fort ! tout ce qu’elle pouvait ! Myrta l’épagneule d’Alphonse. ouah ! ouah ! et qu’elle se sauve ! Alphonse la rappelle !. elle est déjà loin !. il se précipite. il dégringole l’escalier. Myrta ! Myrta ! Abetz, Hoffmann crient après lui !    « Chateaubriant !
Chateaubriant ! ». je profite vous pensez pour me sauver ! si je déboule aussi ! je prends pas l’ascenseur !. il fait tout noir devant le Château. c’est l’alerte !. toujours c’est l’alerte ! et comment !. je trouve Alphonse là sur le trottoir, sa Myrta a pas été loin ! si elle est heureuse d’être sortie ! elle fait la fête à son bon maître. je le vois pas le bon maître, il fait trop noir, noir total. mais il me parle, et sa voix reste tout étranglée !. de l’émotion encore, la colère !. le bombardement par assiettes !. qu’est-ce qu’il a cassé comme plats !. lui toujours plutôt
précieux, cérémonieux, plein de bonnes façons, je l’ai vu d’un seul coup ! barbare total !
« Eh bien, Chateaubriant ! eh bien ?
—    Oh ! cher Céline !… mon cher Céline ! »
Il est redevenu chaleureux.
Il me saisit les mains, il me les serre. il a besoin d’affection.
« Aucune importance, voyons ! aucune importance !
—    Vous croyez Céline ? Vraiment vous pensez ?
—    Allons ! allons ! une plaisanterie !
—    Vous croyez Céline ?
—    Mais je suis certain ! n’y pensez plus !
—    Tout de même combien vous croyez d’assiettes ? »
Il a pas que cassé des assiettes ! toute la vaisselle et les soupières ! il y a pas été de main morte ! il s’est pas vu en action : le véritable maelstrom ! brong ! vrang ! contre les autres étagères en face, les autres porcelaines ! le pire c’est que c’étaient des merveilles, « service complet », Dresde d’époque !… ils avaient eu ça de chez Gabold, le troisième étage tout en Dresde. marqueteries et fines porcelaines. tout du pur Saxe.

A suivre

18 janvier 2026

Max Cooper – My Mind Is Slipping (Official video by Jean-Baptiste Friquet)

Publié par ditchlakwak dans Vidéos
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18 janvier 2026

Je voyais l’Abetz (83)

Je voyais l’Abetz, son enthousiasme, à nous raconter ce que ça serait. ce formidable ensemble statuaire !. il en avait les joues toutes rouges. pas d’alcool !. y avait que de l’eau minérale, j’ai dit. d’enthousiasme pur !. il se levait pour mieux raconter, nous mimer camper Charlemagne, ses preux !. ses preux : Rundstedt. Roland. Dar-nand. je me disais : ça va !. il va se fatiguer. je partirai en douce !. basta !. au moment un larbin lui chuchote. qu’est-ce que c’est ?… quelqu’un !… M. de Chateaubriant est là !… Alphonse !… il désire parler à monsieur l’Ambassadeur !
« Qu’il entre !… qu’il entre !… »
Alphonse de Chateaubriant !. le larbin le précède. le voici ! il boite !… il entre. notre dernière rencontre, à Baden-Baden, il boitait moins, je crois. à l’Hôtel Brenner. il avait le même chien, un vraiment très bel épagneul. il était habillé pareil, lui. en personnage de son roman. depuis son film « Monsieur des Lourdines ». il change plusde costume. le personnage. ample cape brune, souliers pour la chasse. oh ! mais ! oh si !. le feutretyrolien est nouveau !. la petite plume ! d’une main l’épagneul en laisse, l’autre main, un piolet !. où il allait comme ça, Alphonse ?. il nous le dit tout de suite. je vous oubliais : sa barbouse !. depuis Baden-Baden, ce qu’il avait pris comme barbe !. une barbe de druide !. elle était que barbe mondaine là-bas, maintenant drue, grise, hirsute. envahissante !. vous lui voyiez plus la figure. plus que les yeux.
« Mon cher Abetz ! mon cher Céline ! »
La même voix qu’à Baden-Baden. très chaleureuse !. l’urgence affectueuse !
« Pardonnez-moi ! j’arrive ici !. j’ai tout fait pour vous prévenir, mon cher Abetz ! hélas !
—    Mais voyons, Chateaubriant ! mais vous êtes chez vous !
—    Vous êtes trop bon, cher Abetz ! nous étions chez nous ! »
Là, de ces soupirs !
« Oui je peux le dire ?. notre chalet est occupé !
—    Ah ?. ah ?
—    Oui ! j’ai dû fuir !. ils sont chez nous !
—    Qui, ils ? »
Je demande. qu’on rigole !.
« L’armée Leclerc, voyons Céline ! Oh ! mais nullement abattu, cher Céline ! je les ai vus !. j’ai vu les noirs !. soit !. les noirs nous provoquent ? la guerre totale ? soit, n’est-ce pas Abetz !
—    Oh ! certainement ! certainement ! » Alphonse ! »
Alphonse ne demande qu’à être applaudi ! le voilà
relancé !
« Comprenez ! comprenez Céline ! comme je l’ai écrit : la victoire appartiendra à l’âme la plus hautement trempée !… la spiritualité d’acier !… nous avons cette qualité d’âme, n’est-ce pas Abetz ?
—    Oh ! certainement, Chateaubriant ! »
Abetz ne va pas le contredire !
« L’âme !… l’âme, notre arme, la bombe. je l’ai ! je l’aurai ! »
Zut ! je veux qu’il me dise tout !…
« Quelle bombe, Alphonse ?
—    Comprenez-moi mon cher Céline ! avec quelques compagnons « de choc », nous avons choisi notre endroit !. oh ! j’ai connu d’autres épreuves ! »
Il se recueille. trois très énormes profonds soupirs !. et il reprend.
« Un endroit, une vallée absolument inaccessible, très étroite, un Cirque, nous dirons, entre trois sommets. au fond du Tyrol !. et là ! là Céline !. nous nous isolons !. vous me comprenez ?. nous nous concentrons !. nous mettons au point notre bombe ! »
Hoffmann comprend pas bien.
« Avec quoi votre bombe ?
—    Oh ! cher Hoffmann !. pas une bombe d’acier ! ni dynamite !. mille fois non !. une bombe de concentration ! de foi ! Hoffmann !
—    Alors ?
—    Un message !. une terrible bombe morale !. n’est-ce pas Abetz ?. la religion chrétienne a-t-elle triomphé autrement ? une terrible bombe morale !. n’est-ce pas, Céline ?. exact ?.
—    Oh ! certainement ! certainement ! »
Nous étions tous bien de son avis.
Pour ça le piolet, le petit chapeau et son Commando « au Tyrol ».
Rien à dire !
Abetz pour lui, la victoire, par bombe ou sans bombe, c’était une affaire « ça va de soi » !. pourvu que son mouvement tienne ! son Charlemagne formidable ! l’axe Aix-la-Chapelle-Courbevoie ! sa marotte !
« Vous voyez, Chateaubriant, n’est-ce pas ?. vous voyez bien où je veux dire ?
—    Oh ! très bien !
—    Vous ne le voyez pas ailleurs ?
—    Oh certainement non, cher Abetz ! parfait !
—    Alors n’est-ce pas je peux compter sur vous ! pour une Ode ! vous serez l’Aède à l’Honneur ! l’Ode à l’Europe ! »

A suivre

11 janvier 2026

Locksmith – Chanin

Publié par ditchlakwak dans "Musi-Kwak"
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11 janvier 2026

Tout de même ! (82)

« Tout de même ! tout de même, monsieur Abetz !… la petite différence !… vous faites semblant de pas savoir !… vous là, Abetz, même archi vaincu, soumis, occupé de cent côtés, par cent vainqueurs, vous serez quand même, Dieu, Diable, les Apôtres, le consciencieux loyal Allemand, honneur et patrie ! le tout à fait légal vaincu ! tandis que moi énergumène, je serai toujours le damné sale relaps, à pendre !… honte de mes frères et des fifis !., la première branche !… vous admettez la différence, monsieur Abetz ?
— Oh ! vous exagérez, Céline ! vous exagérez toujours ! tout !. toujours ! la victoire ?. mais nous l’avons dans la main !… Céline ! l’arme secrète ?… vous avez entendu parler ?. non ?. mettons Céline, je vais dans votre sens, je vais exagérer avec vous !. défaitiste ! j’admets que nous soyons vaincus ! là ! puisque vous y tenez !. il restera toujours quelque chose du National-Socialisme ! nos idées reprendront leur force !. toute leur force !. nous avons semé, Céline ! semé ! répandu le sang !… les idées !… l’amour ! »
Il s’extasiait de s’entendre parler.
« Rien du tout, Abetz ! absolument rien !… vous vous rendrez compte !. ce sont les vainqueurs qui écrivent l’Histoire !… elle sera cocotte la vôtre, d’Histoire ! »
Le larbin me repasse les radis. et un autre rond de saucisson.
« Pourtant. pourtant, monsieur Céline. écoutez-moi !. je connais la France. vous le savez, tout le monde le sait !. que j’ai professé le dessin en France. et pas seulement à Paris. dans le Nord. dans l’Est !. et en Provence !. j’ai fait des milliers de portraits. hommes !. femme !. Français !. Françaises ! et j ’ai vu, entendez Céline !. bien vu !. sur les visages de ces Français. du peuple !. et de l’aristocratie. l’expression très honnête, très belle, d’une très sincère amitié !. profonde ! pas pour moi seulement. pour l’Allemagne !. d’une très vraie réelle affection !. Céline !. pour l’Europe !. voilà ce que vous devez comprendre !. Céline !. »
Le confort fait bien déconner, l’effet qu’il me faisait. je les voyais ravis tous les deux. Hoffmann aussi, en face… pas des libations ! y avait que de l’eau sur la table. des mots !… mots !… j’avais vraiment rien à répondre. maintenant c’était le Stam… Stam aussi. mais Stam « spécial » aux vraies carottes, aux vrais navets, et je crois au vrai beurre.
« Bien, monsieur l’Ambassadeur ! »
C’était pas le genre Barbare, Abetz. non !. pas du tout à craindre comme Raumnitz !. il avait pas été fessé, lui !. pas encore !. mais tout de même. tout de même. ça valait mieux de pas insister. j’ai plus rien dit. bon pour l’affection des Français ! « vas-y, Dudule ! ». j ’abonde.
« Oh ! vous avez raison, Abetz ! »
Ça y est ! je l’ai relancé ! j’y coupe pas !. l’Europe Nouvelle ! et son projet auquel il tient, sa grande œuvre, dès notre retour à Paris, la plus colossale statue, Charlemagne en bronze, en haut de l’avenue de La Défense !.
« Vous voyez, Céline ?. l’axe Aix-la-Chapelle-la-Défense !
—    Vous pensez, monsieur Abetz ! je suis né Rampe-du-Pont !
—    Alors vous voyez ! »
Je voyais Charlemagne et ses preux. Gœbbels en Roland.
« Oh ! vous avez bien raison !
—    N’est-ce pas ?. n’est-ce pas ? deux mille ans d’Histoire !.
—    Absolument magnifique ! »
Hoffmann était d’avis aussi ! il trouvait aussi cette idée d’Abetz enthousiasmante au possible ! la très grande symbolisation que toute l’Europe attendait ! Charlemagne, tous ses preux autour, place de la Défense !

A suivre

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