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22 février 2026

Pourquoi tremblez-vous, Bichelonne ? (88)

« Pourquoi tremblez-vous, Bichelonne ? » Y a de quoi ! y a de quoi !. il raconte. il en bé. gaye ! on lui a cassé un carreau !. un carreau de sa chambre ! Laval on lui en a déjà cassé dix ! des carreaux de sa chambre !. il raconte. il se moque de Bichelonne. pas de quoi trembler !. mais Bichelonne plaisante pas du tout !. il veut savoir qui ?. comment ?. pourquoi ?. un caillou ?. une balle ?. un avion, un souffle d’une hélice ?. un remous ? il est en transe de pas savoir, Bichelonne. qui ?. comment ?.
pourquoi ?… c’est pas qu’il soit trouilleux du tout Bichelonne, mais là tout soudain la panique, de pas comprendre le pourquoi ? comment ?… il sait plus. les avions passent si près de sa fenêtre !… frôlent !… mais peut-être une balle de la rue ?… ou un caillou ?… peut-être ?… il a pas trouvé !… il a cherché toute la nuit. minutieusement !… le plafond, les murs. rien !. pensez s’il s’en fout ce que le Président veut qu’il sache ! que je l’ai traité de ceci ! de cela ! il l’écoute pas ! son carreau, lui !. que son carreau !. comment ?. qui ?. Laval parle pour rien. Bichelonne arpente de long en large l’immense bureau Ier Empire !. les mains jointes derrière son dos. réfléchissant !. réfléchissant !. oh ! il sort pas de son problème !. Laval pourtant lui recommence tout : que je l’accuse de ceci. cela !. et il en ajoute !. que je le trouve ignoble d’avoir sauvé Morand, Maurois, Jardin, Guérard ! et cent autres ! mille autres ! qu’il m’a exprès, moi, sacrifié !. rancune raciale personnelle ! que les nègres de l’armée Leclerc me trouvent là ! me hachent !. tout prémédité !
C’est pas moi qui vais l’interrompre ! il est en pleine fougue !
« Bravo, monsieur le Président ! »
Il requiert. j’applaudis ! il requiert contre lui-même !. devant encore une autre Haute Cour !. la Haute Cour imaginaire !. comme l’autre, le Musée !.
« Bravo, monsieur le Président ! »
Je suis tourné en Suprême-Haute-Cour !. Bichelonne s’occupe pas, écoute pas, il arpente, marmonne. d’un coup il questionne Laval !
« Qu’est-ce que vous croyez ? »
Il se fout pas mal de ce que j ’ai dit. pas dit. son problème lui ! son carreau ! c’est tout ! et il arrête pas d’arpenter. et en boitant. pas la « boiterie distinguée », lui. une véritable claudication !. une fracture mal consolidée. même il veut s’en faire guérir, opérer, avant notre grand retour en France !. et en Allemagne même, opérer !. et par Gebhardt !. Gebhardt je le connais un petit peu. celui-là, encore un phénomène ! j’avais dit d’abord : un farceur !. pas du tout !. il cumulait. six mois général au front russe, commandant d’un groupe de « panzers » et six mois chirurgien-chef de l’énorme hôpital S.S. Hohenlynchen, Prusse-Orientale… charlatan, vous diriez aussi, un clown !… je me trompais. j’ai envoyé le voir opérer un mien ami très anti-boche. ce Gebhardt chirurgien S.S. était bel et bien très habile !… qu’il était dingue ?… certainement ! à Hohenlynchen son super-hostau, six mille opérés, une ville, quatre Bichat !… il organisait des matches de football entre unijambistes. mutilés de guerre unijambistes. il était braque à la manière des superhommes de la Renaissance. il excellait en trois, quatre trucs. la guerre des tanks, la chirurgie. ah ! et aussi ! la chansonnette !. je l’ai entendu au piano. très amusant !. il improvisait. là je peux juger. les boches ont failli avoir pendant cette période hitlérique une certaine race d’hommes « Renaissants ». ce Gebhardt en était un !. Bichelonne aussi. l’autre côté. lui c’était l’X !. ils avaient pas eu, vu, connu, pareil génie depuis Arago. j’ai apprécié, pour la mémoire !. vraiment, le monstre !. pendant qu’il était à Vichy il avait eu le blot des trains. qu’ils arrivent quand même !. envers contre tout ! entreprise d’Hercule !. tous les réseaux, aiguillages, horaires, déviations, dans la tête !. à la minute ! à la seconde !. avec ce qui sautait chaque nuit, aqueducs, ballast, gares, vous pensez la plaisanterie ! et que je te reboume !. rafistole ici !. détourne là ! redémarre !. et que ça ressautait immédiatement ! encore ailleurs ! les fifis le laissaient pas dormir ! l’Europe s’en relèvera jamais de cette folle maladie « transe et zut ! » tout en l’air !. le pli est pris ! il faudra la bombe atomique qu’elle redevienne normale et vivable. là, le Bichelonne, le coup de son carreau. caillou ? coup de fusil ? hélice ? il en pouvait plus. il tenait plus ! déjà ses nerfs à bout, de Vichy. le carreau là, maintenant, c’était trop ! ils l’avaient mouché d’où ?. de la rue ?. dans l’air ?. le carreau ?. je comprenais Bichelonne à bout de nerfs.
Pas que les nerfs qu’ils lui avaient fait sauter ! sa jambe aussi !. ils l’avaient eu en auto !. une petite bombe ! vlof ! voguez, Ministre !. il allait voir l’« Information ». trois fractures mal consolidées, il faudrait qu’on lui recasse sa jambe qu’elle redevienne droite… et il voulait faire ça tout de suite, en Allemagne même ! pas rentrer comme ça à Paris ! il connaissait un peu Gebhardt, il voulait monter là-haut, à Hohenlynchen… Gebhardt lui avait offert. moi j’étais pas chaud. je croyais pas beaucoup en Gebhardt. lui, il en pinçait. bon !… il avait confiance. bon ! mais quelle perplexité, ma doué !. il arrêtait pas de marmonner au lieu d’écouter Laval. il l’arpentait le très grand bureau Ier Empire. il marmonnait du pour !. du contre !. si c’était une balle ?. un bout d’hélice !. il sortait pas de sa réflexion. il était assez marrant avec son énorme crâne. mais Laval le trouvait pas si amusant !. même il commençait l’avoir sec !. il l’avait fait venir, pas pour qu’il se promène long en large, pas pour qu’il marmonne son carreau, mais pour qu’il l’écoute !

A suivre

15 février 2026

Vous avez casé Morand ! (87)

« Vous avez casé Morand ! vous avez casé Maurois !. vous avez casé Fontenoy !. vous avez casé Fontenoy !. vous avez casé votre fille !
—    Bien ! bien ! bien Céline ! »
Il m’arrête. j’en avais encore une douzaine !. une centaine !
« Vous avez casé Brisson !. Robert ! vous avez casé Morand ! j’étais là !. chez lui ! »
J’insiste. les points sur les i !. j’ai l’heureuse mémoire d’éléphant. on croit toujours me baiser, mon air abruti.
Il tient avoir le dernier mot.
« Vous savez ce qu’on dit de vous alors ?
—    Moi ?. je suis pas intéressant !. mais la grande nouvelle ? voulez-vous savoir monsieur le Président ? la nouvelle bien intéressante ?.
—    Où l’avez-vous prise ?
—    Dans la rue !… une chouette ! et qui peut bien vous arranger.
Allez-y ! allez-y ! vite !
—    Eh bien !… que les Russes vont se battre avec les Américains ! voilà, monsieur le Président !…
C’est ce qu’ils ont trouvé à Siegmaringen ?
—    Parfaitement ! »
Il réfléchit.
« Les Russes contre les Américains ? absolument stupide, inepte, Docteur : vous avez réfléchi un peu ?
—    Non !. mais on le dit !
—    Mais ce serait le désordre, Docteur !. le désordre ! vous savez ce que c’est que le désordre ?
—    Un petit peu, monsieur le Président.
—    Vous n’avez pas fait de politique ?
—    Oh ! si peu !. et vraiment, si mal !
—    Alors vous ne pouvez rien comprendre ! vous ne savez pas ce qu’est le désordre ! Docteur !
—    Une petite idée.
—    Non !. vous ne savez pas ! apprenez ! le désordre, Docteur, c’est un Jules César par village !. et vingt Brutus par canton !
—    Je vous crois, monsieur le Président ! »
Il l’aura pas son dernier mot !
« Mais moi, qui suis pas César, vous auriez pu très bien me caser !. comme Morand, Jardin et tant d’autres !. je ne vous demandais pas grand-chose. je vous demandais pas une Ambassade !. vous n’avez rien fait !. je n’étais pas Brutus non plus !. vous m’auriez donné aux fifis si je n’étais pas venu en Allemagne ! »
Je démords pas !. sûr de mon fait ! honnêtement, totalement raison !. je suis l’homme qu’ai le plus raison d’Europe ! et bien le plus gratuit ! que cinquante Nobel me sont dus !.
« Non, je serais pas ici, monsieur le Président ! »
J’y tiens !
Il attrape son appareil.
« J’appelle Bichelonne, qu’il vous entende !. je veux un témoin ! tout le monde se demande ce que vous pensez ! tout le monde saura !. pas que moi !. que je vous ai attiré, ici ! dans un piège, en somme ! un guet-apens ?.
—    Pas autre chose, monsieur le Président ! »
Il a Bichelonne au téléphone…
« Vous savez ce que me dit Céline ?… que je suis un escroc, un capable-de-tout, un traître, et un juif !
—    Pas tout à fait ça ! vous exagérez, monsieur le Président !
—    Si ! si ! Céline !… vous le pensez ! c’est votre droit !… bon ! »
Il continue au téléphone. il parle. plus de moi. de choses et d’autres. je le regarde pendant qu’il parle. je le vois de biais, de profil. oh ! j’ai de plus en plus raison !. pour le comparer à quelqu’un. je le revois. quelqu’un d’actuel. entre Nasser et Mendès. profil, sourire, teint, cheveu asiate. en tout cas certain ! sous la rigolade, il peut pas me piffrer. il est exactement dans le ton de la France actuelle, dure pure sûre, et pro-« larbi-nès ». on eut très tort de le flinguer, il valait, je dis, dix Mendès !
« Venez !. venez ! »
Il demande. l’autre a pas envie. il se fait prier.
« Il va venir ! »
En fait, le voici. oh ! lui pas le type afro-asiate !. Pas du tout !. le type « grosse bouille blonde », Bichelonne !. énorme tronche, même ! le spermatozoïde monstre. tout en tête !. Bonnard est pareil. type spermatozoïde monstre. têtards monstres. un milli plus, ils coupaient pas !. le bocal !. c’est bien lui Bichelonne, c’est bien lui !. mais quelque chose, je le reconnaissais pas, tellement il était défait, pâle. l’état qu’il était !. tremblant. pour ça qu’il voulait pas venir !. Laval le laisse pas se remettre. il l’attaque !. qu’il écoute tout ! il est trop ému, il écoute rien

A suivre

14 février 2026

LE GÉANT S’EFFONDRE : La Vérité sur Ceux qui nous Dirigent et comment tout arrêter

Publié par ditchlakwak dans Divers
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8 février 2026

Ah ! la Haute Cour !… Docteur ! tenez ! (86)

« Ah ! la Haute Cour !… Docteur ! tenez ! »
Il la faisait ramper la Haute Cour ! parfaitement !… je tâchais l’interrompre un petit peu. qu’il souffle. ça servait à rien !. la façon qu’il était lancé je pouvais pas parler des Delaunys.
Ça serait mieux que je le laisse parler. que je me défile. et que j’avais encore à faire ! passer chez le Landrat, pour les rognures à Bébert. puis à la Milice, des malades. et puis encore à l’hôpital. et puis chez Letrou. et puis le Fidelis !… je tâchai même de l’interrompre. de lui parler un peu de ma médecine, de mes petits ennuis. qu’il me donne peut-être un petit conseil ?. il en savait bien plus que moi !. bien sûr !. il en savait bien plus que tout le monde. en tout !. et sur tout !. bicot, avec sa mèche d’ébène, il lui manquait que le fez crasseux. il était le vrai bicot de « IIIe » qui parle à tous les voyageurs, qui sait mieux que tous ceux qui sont là ce qu’ils devraient faire, ce qu’ils font pas, ce qu’il faudrait. qui sait mieux que le cultivateur planter ses colzas, ses trèfles, mieux que le clerc d’Étude les petites retorseries d’héritages, mieux que le photographe les portraits de « Ire communion », mieux que la buraliste les façons de tricher sur les timbres, mieux que le coiffeur « les permanentes », mieux que les agents électoraux les façons de décoller l’affiche, mieux que le gendarme passer les menottes, bien mieux que la rombière, torcher le môme.
Vous vous reposiez l’écoutant, à condition que vous tiquiez pas ! il vous épiait !. vous aviez pasl’air convaincu ?. il fonçait !. il vous rassoyait pour le compte !
Ah ! ils ont pas voulu l’entendre, Mornet Cie ?. ils ont préféré le fusiller !. ils ont eu tort !. il avait à dire. je sais. je l’ai entendu dix fois, vingt fois.
« Vous pouvez me croire !. j’ai eu le choix !. ils m’ont tout offert, Docteur, oui !. tout !. de Gaulle est allé les chercher !. moi, je les faisais attendre !. les Russes aussi ! »
Je pouvais pas toujours dodeliner…
« Quelles offres, monsieur le Président ? »
Que j’aie l’air un peu de faire attention.
« Mais tout ce que je voulais ! toute la Presse !
—    Ah ! ah ! ah ! »
C’est tout, pas plus !… je connais mon rôle d’écouteur. il est assez content de moi. j’écoute pas mal. et puis surtout, je suis pas fumeur !… fumant pas, il aura jamais à m’offrir. il peut me montrer tous ses paquets, deux gros tiroirs pleins de « Lucky Strike ». vous le tapiez d’une cigarette, il vous revoyait plus !. jamais !. ou seulement du feu !. une allumette !
« Les Anglais vous ont tout offert, monsieur le Président ?
—    Ils m’ont supplié !. absolument tout, Docteur !
—    Ah !. ah ! »
Il m’ébaubit.
« Et je peux même vous donner un nom !. un nom qui vous dira rien !. un nom de l’Ambassade. Mendle ! il m’achetait vingt-cinq journaux ! autant en province !
—    Certainement, monsieur le Président ! je vous crois !. je vous crois !.
—    Je vais m’amuser, Docteur !. vous m’entendez ? très bien ! très bien ! abattez-moi, je leur dirai ! frappez ! frappez fort !. ne me ratez pas comme à Versailles !. ne tremblez pas ! allez-y !. vous êtes prévenus !. je vous ai prévenus !. vous assassinez la France !
—    Bravo, monsieur le Président ! »
C’était le moins que je me montre un petit peu chaud.
« Ah ! vous êtes d’accord ?
—    Tout à fait, monsieur le Président ! »
Il m’attendait au détour. il m’envoie sa botte ! « Vous êtes d’accord avec un juif ? »
Ça y est !. le mot ! le mot juif !. c’était fatal qu’il m’en parle ! la vache, il attendait le moment !
Il prend l’offensive.
« Vous m’avez bien traité de juif, n’est-ce pas, Docteur ? oui, je le sais !. pas que vous ! Je suis partout aussi !
—    Eux, pas tout à fait, monsieur le Président !… pas tout à fait ! moi, tout à fait, monsieur le Président !
—    Ah ! vous me faites plaisir ! vous me le dites en face ! »
Il s’esclaffe. il est pas méchant. mais il m’a pas pris en traître, je savais ce qui devait m’arriver. fatal !.
« Mais vous l’avez écrit vous-même !.
—    Oh ! c’était pour mes électeurs !. pour Aubervilliers !.
—    Je le sais ! je le sais, monsieur le Président ! »
Encore quelque chose qui le chiffonne.
« Mais vous là, Docteur, pourquoi êtes-vous là ?. pourquoi à Siegmaringen ?. on me dit que vous vous plaignez beaucoup. »
Il se foutait du monde !
« Je suis là, monsieur le Président, absolument par votre faute ! vous qu’avez formellement refusé de me caser ailleurs ! vous le pouviez ! parfaitement ! »
Je prends la moutarde ! merde ! ces airs « de pas savoir » ! je sais ce que je dis !. il serait bien content, bicot torve, que je paye pour la bande ! que j’écope pour la compagnie ! fripouilles, connivents, triples-jeux ! l’addition, ma cerise ! et puisqu’on se dit des vérités. puisqu’il fait joujou au procès. mon tour, la vane !. je somnole plus !.

A suivre

1 février 2026

Le bal MINISTRES INCOMPÉTENTS ?

Publié par ditchlakwak dans Humour
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