Pêle-mêle

  • Accueil
  • > Archives pour le Dimanche 1 février 2026
1 février 2026

Le bal MINISTRES INCOMPÉTENTS ?

Publié par ditchlakwak dans Humour
Image de prévisualisation YouTube
1 février 2026

Venom in the Air | (Stoner Acid Rock)

Publié par ditchlakwak dans "Musi-Kwak"
Image de prévisualisation YouTube
1 février 2026

Vous savez Céline (85)

« Vous savez Céline, j’irai coucher au Baren, je ne remonterai pas au Château !. ils m’y ont réservé une chambre ! mais qu’ils la gardent ! je coucherai au Baren !… nous devons en partir à l’aube !. tous mes hommes sont au Baren, tout mon « commando ».
—    Oh ! certainement Chateaubriant ! »
Ses hommes, c’étaient les moralistes, ceux qui devaient fabriquer la bombe. enfin, je croyais.
« Mais Céline, vous voulez bien ? vous voulez être assez aimable ?. je ne trouverai jamais tout seul. le Baren !.. vous voulez bien m’accompagner ?. »
Bien sûr que je voulais bien !. je me retrouvais à l’aveuglette n’importe où dans Siegmaringen. je me perdais jamais. n’importe quelle ruelle !
« Par ici mon cher ! par ici ! »
Oh ! mais encore son rucksack ! son sac à dos matériel !. barda ! le poids !. qu’est-ce qu’il emportait !. il fallait qu’il le passe par-dessus sa grande cape ! ou dessous ! on a essayé. il pouvait pas. trop lourd, trop gros !. on a décidé qu’on le porterait chacun par un bout, par une bretelle, mais en allant tout doucement, je pouvais pas marcher vite… lui non plus ! lui son piolet, en réalité lui faisait canne. comme ça ça irait. je vous ai dit qu’il boitait assez. dans la Collaboration y en avait trois qui boitaient pareil. d’une certaine « boiterie distinguée ». Lesdain, Bernard Faye, et lui-même. aucun par blessures de guerre, réformés n°2. ils avaient même leur sobriquet : les frères Boquillone !. vous dire les méchants esprits ! nous deux toujours chacun une sangle, nous voilà en route. ça va tout doucement. on se repose, on s’y remet tous les dix. vingt pas. qu’est-ce qu’il trimbale !. on en rit ! même lui !. on vacille. quel matériel ! il va monter ça au Tyrol ? hop ! halt ! quelqu’un devant nous !. je le vois pas ce quelqu’un. ce quelqu’un nous envoie une de ces lumières dans l’œil !. un coup de torche ! lui, il nous voit !. sûr c’est un boche !. c’est un gendarme boche !. « où allez-vous ? » on devrait pas être dehors. il doit me connaître. je réponds « au Baren ! au Baren ! il est malade !. « krank » !
« Nur gut ! Nur gut ! gehe ! »
Ça allait !. mais voilà Alphonse qui proteste, on lui demandait rien ! il se dresse face au flic, sa grosse barbouse dans la torche !. « Kraft ist nicht alles » ! qu’il lui crie comme ça fort dans le nez ! « la force n’est pas tout » je vois qu’il va se faire embarquer ! non !. le flic se fâche pas. il veut seulement qu’on avance. il voit à qui il a affaire. même il empoigne nos deux sangles, le fameux rucksack, une plume pour lui !. il part avec !. il nous accompagne ! bon, Chateaubriant, moi, on le suit !. on arrive vite au Baren… on entend le Danube. le Danube qui brise contre les arches !., ah, le furieux bruyant petit fleuve !. ça y est ! on y est !. c’est là !. le gendarme cogne. trois coups !. encore trois coups !. quelqu’un ouvre. ça y est !. « gute Nacht » ! je laisse Chateaubriant dans l’entrée. avec sa chienne. le gendarme pose le sac. « Au revoir cher Céline ! » Je l’ai jamais revu le très cher Alphonse !. j’ai ramené le schuppo au Lowen. qu’il me fasse aussi ouvrir ma porte. carne de Frucht aurait bien pu faire exprès de me laisser dehors !. toujours
la police avec soi !… ce que vous apprenez dans les dédales de la vie.
Je devais aller chez Laval et je vous ai emmené chez Abetz… à ce dîner. pardonnez-moi !… Encore une petite digression. je suis plein de digressions. effet de l’âge ?. ou le trop-plein de souvenirs ?. j’hésite. je saurai plus tard. les autres sauront !. soi-même, très difficile de se rendre compte ! enfin, je vous reprends où nous étions. nous sortions de la salle de musique. je devais aller chez Laval. trois jours que je devais y aller !. depuis l’échauffourée de la gare !. où vraiment c’était grâce à lui que ça s’était pas fini par un massacre général !. où on avait eu qu’un seul mort !. il fallait que je le félicite, et pas qu’un peu !. énormément !. faut pas y aller à la cuiller avec les hommes politiques. massif ! jamais trop gros, lourd. comme aux gonzesses !. les hommes politiques demeurent jeunes filles toute leur vie. plaire !. plaire !. suffrages ! vous dites pas à une demoiselle : « Que vous êtes donc gentille ! » non ! vous lui parlez comme Mariano : « Dieu que vous êtes uniqu’au monde » ! le moins qu’elle tolère !. votre homme politique est pareil !. en plus que j’avais un but : qu’il fasse pas la moue sur les Delaunys !. y avait pas que Brinon au Château ! j’avais préparé mon petit boniment. j’allais me mettre en route, enfin !. de la salle de musique chez Laval, un étage !. un seul étage. je vous ai expliqué. je vous ai raconté comme c’était. son décor, son bureau, son appartement, son étage. tout Ier Empire. et Ier Empire impeccable !. vous trouverez pas mieux à La Malmaison !. je dirais même : pas aussi bien !. on connaît les travers terribles du « Ier Empire », de ce style féroce aux « derrières ». absolument pas à s’asseoir !. fauteuils, chaises, divans !. résolument « noyaux de pèches » ! sièges pour colonels, maréchaux !. juste le « temps d’écouter, rebondir !. voler de victoires en victoires ! pas du tout « délices de Capoue » ! mais moi j’étais si fatigué, tellement d’insomnies en retard, que je m’assoyais tout de même très bien sur les noyaux de pêches. je me reposais pas mal du tout !. bien sûr j’y allais de mon compliment,
d’abord !… comme il avait été splendide Laval d’Auvergne et du Maghreb et d’Alfortville ! incomparable !… l’atténuateur-conciliateur que London, New York, Moscou nous enviaient !… ayant dévidé mon rôlet j’avais plus qu’à dodeliner, hocher gentiment. plus rien dire !… il faisait très bon chez Laval. oh ! il débagoulait tout seul !… il me demandait rien. qu’être son auditeur, c’est tout !… lui qui parlait !. et qu’il s’en donnait !. il plaidait !. d’abord de ceci. de cela. et puis sa cause !. sa fameuse Cause !. vous aviez plus qu’à hocher, il « incarnait » trop la France pour avoir le temps de vous entendre. compliments, pas compliments ! je venais pourtant bien de lui dire que c’était grâce à lui si le massacre avait tourné court !. que sans lui c’était l’hécatombe !. sincèrement exact d’ailleurs !. s’il s’en foutait ! c’était que je l’écoute qu’il voulait ! c’est tout !. il me tolérait comme auditeur !. pas commentateur !. je rengaine donc mes compliments. je m’assois, ma sacoche sur les genoux, mes instruments, Bébert aussi sur mes genoux, dans sa gibecière. je connaissais sa plaidoirie. dix. vingt fois il me l’avait servie !. « que dans les conditions du monde, la faiblesse européenne, un seul moyen de tout arranger :    sa politique franco-allemande !. la sienne !. que sans sa « collaboration » c’était plus la peine d’insister ! y aurait plus d’Histoire ! plus d’Europe ! que lui, il aimait pas l’Allemagne, mais que. mais que. qu’il aimait pas Hitler non plus. mais que. mais que., qu’il connaissait la Russie. etc. etc. » Je pouvais y aller, dodeliner. il en avait pour bien une heure. au moins !. je connaissais toutes les variantes, feintes objections, appels pathétiques. « qu’il se sentait déjà enterré !. son caveau de famille !. « Châteldon ! ». oh ! mais que d’abord !. d’abord !. il les clouerait tous ! tous !. qu’on l’aurait pas comme ça du tout !. qu’il les écraserait d’abord !. d’abord !. tous !. tous ces jaloux ! envieux ! déserteurs ! opposants dénigrants grotesques ! oui ! que lui Laval, pas à confondre ! que lui, avait la France dans le sang !. qu’il faudrait bien qu’ils l’avouent, gnomes imbéciles !. et que pour l’Amérique !… pardon !… qu’il l’avait aussi dans sa poche ! l’Amérique !… certain de l’Amérique !… comme il voulait !… l’immense Amérique ! par son gendre abord !… et par sa fille, Américaine. et par le sénateur Taft, le Grand Électeur de Roosevelt !…

A suivre

lescroco2010 |
edemos |
Rituel amour retour |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Exos et mandas passion
| BELTOGOMAG
| tout et n'importe quoi