Pêle-mêle

3 mai 2026

Ils arrêtaient pas d’y monter (98)

Ils arrêtaient pas d’y monter, sortir et redescendre des wagons, des deux wagons. et tous une calebombe à la main et allumée ! pour mieux mettre le feu ! même les mômes ! des grappes de mômes ! de quoi foutre toute la forêt en flammes ! tout, ils voulaient voir ! le wagon-cuisine, et les gogs ! les gogs « mosaïque » !… fallait tous qu’ils montent et qu’ils touchent ! la Fête de Nuit dans la Forêt !. kyrielle de calebombes !. fallait qu’ils touchent tout ! « c’était pour Hitler tout ça ? ou pour Leclerc ? ou pour les Sénégalais ? » si y avait de quoi rire, vous pensez ! poufferies ! esclafferies ! ça valait la peine d’être venu !
Restif savait mieux. ce train était un train spécial, « très spécial », que Guillaume Il avait commandé, mais qui n’avait jamais servi. commandé pour le Shah de Perse, spécialement. le Shah en visite officielle au mois d’août le train resté pour compte.
Vous pensez le luxe ! toute l’élégance wilhelminienne, persane et turque mélangée !. vous imaginez ces brocarts, tapisseries, tentures, cordelières ! pire que chez Laval !. divans, sofas, poufs cuirs à reliefs ! et de ces tapis !. ce qu’ils avaient trouvé de plus épais ! super-Boukhara !. super-Indes !. des rideaux d’une tonne, en brise-bise !. oh, ils avaient pas regardé ! de ces appliques-lampadaires style « Lalique Métro » qu’étaient monuments « barisiens », qui tenaient la moitié du wagon. s’il aurait été gâté le Shah !. vous pouviez pas en mettre plus !. je lui dis, je me souviens encore, à Marion. « je sais pas si vous arriverez, mais vous aurez eu du confort ! »
Restif est pratique, tout beau tapis et les brise-bise ! mais la cuisine ?. il veut qu’on y aille. se rendre compte. l’autre wagon. elle est équipée la cuisine !. tout ce qu’il faut !. fourneaux et  marmites !… mais le charbon d’où ?… pas de charbon ! elle marche pas au coke cette cuisine !
« Monsieur Marion, vous occupez pas !… je vais vous chercher 24 poulets, je vous les ferai cuire au Lowen, on les emportera « à la gelée !… »
Voilà le plus simple et pratique. et il les aura ses poulets !… il se vante pas ! Marion est tranquille. on lui refuse rien dans les fermes. et à l’œil !… à lui. nous on nous refuse tout. même à Pétain on refuse tout. même pour les Raumnitz. ils ont pas !. pour Restif, ils ont !. il a le charme.
Bien entendu, la locomotive de Berlin est pas arrivée. accidentée, il paraît, entre Erfurt. Eisenach. tout le ballast crevé !. en l’air !. et encore à un autre endroit. la machine elle-même, vers Cassel. ça faisait du retard !. elle pouvait attendre la Délégation ! pas du tout enthousiaste déjà. ça tournait mal. boniments en boniments, il fut finalement avoué qu’il y aurait pas de loco de Berlin, qu’on ferait remorquer les deux wagons par une machine « haut-le-pied » du dépôt là, d’ici même. seulement ça irait très lentement, ça serait long !. y a eu encore bien des bisbilles, pourparlers, savoir qui irait ?. irait pas ? ça s’est âprement disputé entre le Château, Raumnitz, Brinon, qui serait délégué aux obsèques ? les antipathies ?. qui serait malade, grippé, exempt ?. perclus. trop sensible au froid ?. enfin on en a trouvé sept, à peu près valides. qu’on a à peu près décidés. des ministres « actifs » et des « en sommeil ». je vais pas les nommer ici. ça pourrait leur faire du tort, oui !. même maintenant vingt ans après !. les haines partisanes sont « alimentaires » !. oubliez jamais ! on s’est fait des « Situâtions » dans la purification, les mises en fosse des « collabos ». des gens qu’étaient juste que de la crotte sont devenus des « terribles seigneurs ». « vengeurs ». avec de ces énormes privilèges !. vous parlez qu’ils « résisteront » jusqu’à leur dernier quart de souffle !. jusqu’à leur dernière petite-fille se soit très gentiment mariée ! le pire malheur des collabos, la providence qu’ils ont été pour la pire horde des bons à lape. dites-moi, Vermersh, Triolette, Madeleine Jacob, qu’est-ce que ça vaut devant une fraiseuse, une feuille de papier ? un balai ?… à la niche, hyènes ! catastrophes ! des aubaines, pas une fois par siècle ! surprise-stupre des épilo-connes ! c’est pas demain qu’ils vont renoncer à être les Très-Hautes-Puissances-Paladines de la plus formid’colique 39 !… je vais pas leur donner des motifs ! non ! j’attendrai qu’ils soient au trou les Très-Hauts-Puissants-Sénéchaux de la plus sensâ dérouille 39 !. je vais pas leur donner des motifs ! non ! j’attendrai qu’ils soient tous « hors cause » !. « ça vient !… certain moment, la courbe des âges. accélère tout ! précipite tout ! moi qui collectionne les « faire-part ». je sais !… le « Grand Rappel » ! bourreaux et victimes !… en tout cas, Marion en était de cette délégation aux obsèques, je vous ai déjà dit. Marion et Restif. Horace Restif devait représenter les « Commandos ». il serait aussi l’« Intendance », pourvoyeur à la cuisine. et les poulets ! il les avait cuits les poulets, comme il avait dit, au Lowen. mais à force de tergiverser, d’attendre la locomotive, ils avaient été mangés !. oui !. aile par aile. si bien qu’il y en avait plus le jour du départ. ça commençait mal !. surtout que du Château, question provisions, ils avaient touché en tout deux petits paquets par ministre ! petits paquets de sandwiches ! jalousie ! et des hôtels ?. nib !. ça devait durer, trois jours, trois nuits, Siegmaringen, là-haut, la Prusse. question des costumes, je vous note, ils étaient vêtus comme ils étaient partis de Vichy, pardessus légers, tatanes de daim, pas du tout pour les « dessous de zéro ». encore à Siegmaringen en novembre ça pouvait aller, mais en remontant ça irait mal !. on a vu !. ça a plus été du tout ! surtout pour dormir ! qu’ils avaient fini leurs sandwiches, qu’ils avaient plus rien, et qu’ils battaient drôlement la semelle !. que le voyage était pas fini et qu’on remontait de plus en plus !. thermomètre de plus en plus bas. et que la neige, d’abord des flocons, s’est mise à tomber d’une manière !. rafaler blizzards !. après Nuremberg, surtout !. épaisse ! de l’ouate !. plus rien à voir !. ni les rails, ni les ballasts, ni les gares. l’horizon, le ciel, de l’ouate !. on a passé Magdebourg sans rien reconnaître.

A suivre

Laisser un commentaire

lescroco2010 |
edemos |
Rituel amour retour |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Exos et mandas passion
| BELTOGOMAG
| tout et n'importe quoi