Pêle-mêle

10 mai 2026

Notre train devait remonter doucement (99)

Notre train devait remonter doucement, éviter Berlin, contourner par les banlieues… la veine que jamais une patrouille d’en l’air, un des maraudeurs nous bite pas !… repérés on fut !… sûr ! certain ! la vieille loco qui nous tirait, giclait, pouffait. panachait ! escarbilles flambantes !… surtout à chaque rampe.. on pouvait pas nous louper. on devait nous voir de la Lune ! y avait des raisons qu’ils voient rien. sûr !… les explications viennent après, quand elles intéressent plus personne. qu’elles veulent plus rien dire. donc en ce wagon si rafraîchi, plus une vitre, plein de zefs, et quels zefs ! personne pouvait plus dormir. trop froids et trop secoués !. surtout sortant du Château ! vous pensez ! les bronchites tout de suite !. ils toussaient tous !. même chauffés, personne aurait pu dormir, il ne devait plus y avoir un ressort !. la suspension « noyau de pêche ». d’aller et revenir, trépigner pour se réchauffer, tous les ministres se rentraient dedans ! cahots, pardon ! gnons !. bosses ! on les y reprendrait aux obsèques ! deux jours, deux nuits, ils pouvaient plus !. pourtant c’était encore que d’aller !. le retour qu’a été mimi ! dès l’aller on pouvait se rendre compte. Restif qu’a été ingénieux, pratique. à coups de couteau dans les tentures !. crac !… rrang !… et y en avait !. des flots de soieries, velours et cotons !. ça pendait, cascadait de partout !. ah, vraiment le wagon de super-luxe ! et que tous les ministres s’y sont mis ! crrac ! vrang ! comme Restif !. ramages, tapis, cordelières !. il s’agissait de plus avoir froid !. s’ils l’ont décarpillé le wagon !. la lutte !. tout un chacun s’est façonné une houppelande !. et du sérieux !. super-pardessus ! épais, quatre épaisseurs ! le genre manteau de cavalerie. mais vraies chouettes !. je sais ce que je cause. les nôtres de 14 étaient vraiment qu’horribles factices !. la moindre flotte ils retenaient toute l’eau, ils vous écrasaient sous leur poids ! ceux que se découpaient les ministres, taillés au couteau, quatre épaisseurs, plus les tapis Boukhara, et cintrés, étaient peut-être ridicules, mais pardon!. sérieux ! surtout pour dormir, dans les petites stations autour de Berlin. on est restés en plan, des heures. ici. là. la loco pouffante. personne est venu voir ce qu’on faisait… personne nous a rien offert… pas un Stam… pas un saucisson. ils avaient peut-être pas eux-mêmes ?… on sait jamais avec les boches !… on aurait eu le temps de demander. mais encore parler ?… maintenant ça devenait vraiment froid !… en plein contre le vent du nord. il faisait froid à Siegmaringen, mais rien à côté !. et on était que début novembre !. on est repartis cahin-caha. ça devenait très réellement très toc. des flocons alors je vous dis, de la ouate, vous voyiez même plus la plaine, ni le ciel. le train avançait très doucement. si doucement, il devait plus être sur des rails !. tout pouvait avoir dérapé. le train glissé des rails ?. ah ! tout de même, une gare !. personne là, vient nous voir non plus. on avance comme dans un mirage. une seule chose, on allait au Nord. toujours plus Nord !. Marion avait sa boussole. Hohenlynchen était Nord-Est. Marion avait aussi une carte. après Berlin on a été encore plus Est. c’est pas nous qu’allions nous plaindre !. le mécanicien nous parlait pas. on a essayé. il devait aussi avoir des ordres. bon !. qu’il les garde ses ordres !. nous vrrac ! craccs !… encore une housse ! et une autre ! c’est à qui qui déchirerait le plus !. puisqu’il faisait de plus en plus froid ! un trou vrrrac ! en haut de la housse. vous voilà une quadruple pèlerine ! aussi déchirer, réchauffe bien. crrac !. et encore ! les brise-bise !. si y en avait ! ah ! le Shah !. ornementeries Wilhelminiennes !. ah ! turqueries ! bazar arabe !. un autre Boukhara ! merde, la revanche ! puisque personne veut nous parler ! « saloperies boches ! bourreaux !. vampires ! affameurs ! cons ! » voilà ce qui se crie, s’hurle ! toute la Délégation d’obsèques absolument unanime ! puisqu’ils veulent rien nous expliquer !. on leur en foutra du Guillaume ! I ! III ! IV ! où qu’ils nous mènent d’abord ? et d’un ! au Pôle Nord ?. en Russie ?. pas à Hohenlynchen du tout ! de tout, ces salauds sont capables !. traîtres aux moelles !. en leur lacérant tout, on l’hurle ! « boches ! saxons ! cochons ! » arrachant tout, on s’est mis tout ! on s’est formidablement recouverts ! ah ! les capitons ! à nous, capitons ! ils nous foutent rien à bouffer, ils le font exprès ! les cahots aussi, exprès !… au moins que tout le wagon y passe ! toutes leurs fanfreluches !
Quand voilà que Restif découvre un trésor !… un filon !. une planque !. il fouine partout !. il fourrage !. il sort de dessous le grand sofa une ! deux ! vingt coupes de mousseline violet !… violet-parme ! ça devait être sûrement pour suspendre après les ornements-chimères ?… guirlandes !… tout à travers le wagon. grand falbala !… je pense tout d’un coup, je réfléchis. ce violet-parme ?… il me dit quelque chose !… un « revenez-y ! ». oh ! j’y suis !.    ça y est !. j’en sais un petit bout sur
l’Allemagne !. hélas !. plus que je ne voudrais !. cette mousseline parme. pardi !. Diepholz, Hanovre. Diepholz, la Volkschule !… 1906 ! on m’y avait mis apprendre le boche !. que ça me serait utile dans le commerce !. Salut ! ah ! Diepholz, Hanovre !. vous parlez de souvenirs !. méchants qu’ils étaient acharnés, déjà !. peut-être pires qu’en 44 !. les torgnioles qu’ils m’ont foutues à Diepholz, Hanovre ! 1906 !. Sedantag ! Kaisertag ! les mêmes sauvages qu’en 14 !. les mêmes que j’ai affrontés à Pœlkappelle-Flandres ! à propos Madeleine y était pas ! Kappelle-Flandres ! ni Vermersh ! ni de Gaulle lui-même, pour affronter les boches vraiment, faut vraiment des hommes ! ni Malraux, l’idole des jeunesses ! et ils en laissent pas lourd debout ! la preuve : moi-même !

A suivre

Laisser un commentaire

lescroco2010 |
edemos |
Rituel amour retour |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Exos et mandas passion
| BELTOGOMAG
| tout et n'importe quoi