Pêle-mêle

4 avril 2012

La nuit

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Chaque nuit doit avoir son menu

1 avril 2012

Chut!

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Chut! Mon chagrin, tais-toi un moment, une seconde seulement…laisse-moi reprendre mon souffle…

Chut! Ma douleur! Calme-toi, tais-toi…ne laisse pas ce soir les larmes couler du bord de mes yeux…

Chut! Ma peine, mon âme meurtrie! Les larmes de mes yeux finissent par déborder, inonder mes lèvres…

24 mars 2012

La pensée du jour…

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Je n’existe qu’en état d’émotion; sec, je n’existe plus du tout…

11 mars 2012

L’infirme

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Quand je suis revenu de la guerre, sans mes pieds, hélas ! je n’aurais jamais accepté, jamais, qu’elle devînt ma femme. Est-ce que c’était possible ? Quand on se marie, monsieur, ce n’est pas pour faire parade de générosité : c’est pour vivre, tous les jours, toutes les heures, toutes les minutes, toutes les secondes, à côté d’un homme ; et, si cet homme est difforme comme moi, on se condamne, en l’épousant, à une souffrance qui durera jusqu’à la mort ! Oh ! je comprends, j’admire tous les sacrifices, tous les dévouements, quand ils ont une limite, mais je n’admets pas le renoncement d’une femme à toute une vie qu’elle espère heureuse, à toutes les joies, à tous les rêves, pour satisfaire l’admiration de la galerie. Quand j’entends sur le plancher de ma chambre le battement de mes pilons et celui de mes béquilles, ce bruit de moulin que je fais à chaque pas, j’ai des exaspérations à étrangler mon serviteur. Croyez-vous qu’on puisse accepter d’une femme de tolérer ce qu’on ne supporte pas soi-même ? Et puis, vous imaginez-vous que c’est joli, mes bouts de jambes ?…

Il se tut. Que lui dire ? Je trouvais qu’il avait raison ! Pouvais-je la blâmer, la mépriser, même lui donner tort à elle ? Non. Cependant ? Le dénouement conforme à la règle, à la moyenne, à la vérité, à la vraisemblance, ne satisfaisait pas mon appétit poétique. Ces moignons héroïques appelaient un beau sacrifice qui me manquait, et j’en éprouvais une déception.

20 février 2012

Dernières Paroles

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La vie et la douleur m’ont appris la sagesse,
          La voici : l’amour est mortel.
Il meurt même avant nous, et l’homme en sa détresse
          N’a point d’ennemi plus cruel.

Qu’est-ce donc que la vie ? amertume et torture,
          Doute et désespoir, tour à tour.
Mais le plus grand des maux que nous fit la nature,
          Et le plus fatal, c’est l’amour !

L’amour est un combat entre l’homme et la femme,
          Qui rive au vaincu le vainqueur.
Tendresse et volupté, nous dit-on : — lutte infâme !
          L’un l’autre, on s’y mange le cœur.

D’où vient-on ? Où va-t-on ? Questions sans réponse ;
          Le ciel reste sourd à nos cris.
Et le sphinx de la vie en nous raillant enfonce
          Ses griffes dans nos flancs meurtris.

La nature, mêlant l’ivresse à la souffrance,
          De l’homme ardente à se jouer,
Pour leurrer ses douleurs lui donne l’espérance,
          L’amour pour se perpétuer.

Créer, tel est son but, but fatal et sinistre :
          Indifférente à nos tourments,
Dans cette œuvre sans fin l’amour est son ministre,
          Nous, ses aveugles instruments.

La femme autant que l’homme est victime et complice
          Du maître imposé par le sort.
L’un de l’autre on aggrave à l’envi le supplice
          Qui n’a de terme que la mort.

La femme, c’est cette ombre à nos pas attachée :
          Courez vers elle, elle vous fuit ;
Fuyez-la, vous voyez la vipère alléchée
          Derrière vous qui vous poursuit.

Aime, on te trahira ; sois sincère et fidèle,
          On se rira de ta candeur.
La femme change ; l’onde est moins mouvante qu’elle :
          Que ferait-elle de ton cœur !

Change et trompe, à ton tour ! aime et trompe sans cesse !
          Torture qui sait torturer !
Brise la coupe après en avoir bu l’ivresse !
          Fais pleurer pour ne pas pleurer !

Et voilà donc la vie ! un échange adultère
          De mensonge et de trahison !
L’enfer à deux au lieu de l’Éden sur la terre !
          Au lieu de miel, l’âcre poison !

Et voilà donc la vie ! et c’est là ce qu’on nomme
          Bonheur, ivresse, volupté !
Néant amer ! ô cœur misérable de l’homme !
          Inénarrable vanité !

Mourons ! — Suprême asile et suprême assistance,
          O Mort ! contre un joug détesté,
Viens donc, viens m’affranchir du mal de l’existence,
          O mort auguste ! ô liberté !


Auguste Lacaussade

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