Pêle-mêle

2 janvier 2011

« La République SKHID »

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La République de SKHID raconte la vie d’un internat pour enfants difficiles dans les premières années de l’ère soviétique. Шкид (SKHID) est l’abbréviation de Школа-коммуна им. Достоевского, école-commune du nom de Dostoevski, fondée en 1918 par le pédagogue Victor Nikolaevitch Soroka-Rossinski pour développer la personnalité civique et morale des enfants.

Le film est tiré d’un livre partiellement autobiographique de Grigory Belikh et L. Panteleev, écrit en 1926 et publié en 1927

Un « petit bijou » du cinéma soviétique.

http://video.google.com/videoplay?docid=8986440086322075700

2 janvier 2011

Matriochka Dostoïevskienne

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La matriochka noire inspire les artistes. Le dessinateur Alexandre Outkine qui l’a utilisée pour illustrer une anthologie de Dostoïevski en 10 tomes. Sur chaque couverture on peut lire une citation du célèbre auteur russe. 

dostoevskicover11.jpg

Pour Crime et Châtiment (gauche), sur la matriockha fendue d’une hache, est reprise une citation de Raskolnikov : « Suis-je une créature tremblante ou ai-je le droit ? » Tandis qu’à droite, on peut lire une citation du prince Mychkine (L’Idiot) « La beauté sauvera le monde ».

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Ici, à gauche, il est écrit « Si Dieu n’existe pas, alors je suis Dieu », phrase issue des Possédés (ou Les Démons), et à droite, pour illustrer les Frères Karamazov, « Qui tu crois ? »

1 janvier 2011

Iossif Brodsky: Je rapporterai du futur, une larme versée

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Né à Leningrad en 1940, Iossif Brodsky est considéré comme l’un des plus grands poètes russes contemporains. Arrêté en 1964 pour « parasitisme social », il est condamné à cinq ans de camps. Libéré au bout d’un an, il sera expulsé de son pays en 1972. Brodsky décédera en 1996, à New-York. Voici l’un de ses poèmes « Je rapporterai du futur, une larme versée… »

Image de prévisualisation YouTube

 

Je rapporterai du futur,

Une larme versée,

Dans un petit anneau, je l’enchâsserai.

Si tu te promènes seule,

…Passe-le sur…

Sur ton annulaire, bien sûr.

Et les autres, elles ont leurs maris,

Des anneaux jaunets,

Des boucles d’oreille nacrées.

Et moi, j’ai une larme,

Une turquoise liquide,

Qui sèche au petit matin.

Tant qu’il est visible de loin,

Porte l’anneau.

Après, il s’en trouvera un autre.

Et si tu te lasses de le porter,

Tu auras quelque chose à laisser tomber

Au fond d’un puits, dans la nuit.

7 décembre 2010

France-Russie année 2010

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Une occasion de découvrir Ievgueni Zamiatine (URSS).

Evgueni Zamiatine, auteur d’un des romans dystopiques les plus célèbres au monde, « Nous autres », a subi les foudres de la censure du tsar, puis celle de ses anciens amis bolchéviques, jamais soumis aux pouvoirs, toujours en quête de vérité. Il fut, vingt ans avant ORWELL, le premier à dénoncer le totalitarisme sous-tendu par une modernité perverse.Écrite en 1920, Nous Autres est la première « contre-utopie » d’importance avant Le meilleur des mondes d’Huxley (1931) et 1984 d’Orwell (1948)… Ce livre fut interdit par Joseph Staline. Il quitte l’URSS en 1931 et s’installe à Paris, où il vit jusqu’à sa mort le 10 mars 1937. Il est enterré au cimetière de Thiais.

Zamiatine allie une critique féroce du totalitarisme mathématique, rationnaliste et machiniste à une écriture particulièrement poétique et sensible…

Journal intime d’un homme nommé « D-503 », écrit pour nous, Hommes du passé.

Son travail consiste à fabriquer l’Intégral, un vaisseau spatial destiné à convertir les civilisations extraterrestres au bonheur, que l’État Unique prétend avoir découvert.

L’Etat unique, avec à sa tête le Bienfaiteur régente tout pour le bien de l’humanité. L’humanité vit dans d’immenses tours de verre, puisque chacun n’a rien à cacher à autrui. Tout étant cependant pensé pour le mieux, le Bienfaiteur accorde à chacun deux heures de liberté par jour. A cette fin, chacun peut tirer des rideaux et faire ce qu’il veut avec qui il veut, puisque personne ne peut refuser ses charmes à quiconque. Nous sommes au XXXème siècle.(on peut lire le texte en français sur le site http://infokiosques.net/lire.php?id_article=347)

Un extrait: La jaquette. Le Mur. Les Tables

En parcourant ce que j’ai écrit hier, je m’aperçois que mes descriptions ne sont pas suffisamment claires. Elles le sont certainement assez pour le premier venu d’entre nous, mais il se peut qu’elles ne le soient pas pour vous, inconnus, auxquels l’ Intégral apportera mes notes et qui n’avez lu le livre de la civilisation que jusqu’à la page où s’étaient arrêtés nos ancêtres il y a deux mille ans. Il se peut même que vous ne connaissiez pas certains éléments comme les Tables des Heures, les Heures Personnelles, La Norme Maternelle, le Mur Vert, le Bienfaiteur ? Il me paraît à la fois drôle et très difficile de parler de tout cela. C’est comme si un écrivain d’un siècle passé, du XXe si vous voulez, avait été obligé d’expliquer dans ses romans ce qu’est une « jaquette », un « appartement », une  « femme » ». Si son roman avait été traduit pour les sauvages, aurait-on pu éviter des notes explicatives au sujet du mot « jaquette » ?

Je suis sûr que le sauvage, après avoir considéré la « jaquette » aura dû se dire : « À quoi bon cela ? Ce n’est qu’une gêne. » Je suis sûr que vous aurez la même pensée quand je vous aurai dit que, depuis la Guerre de Deux Cents ans, aucun d’entre nous n’a franchi le Mur Vert.

Cependant, chers lecteurs, réfléchissez un peu, cela aide beaucoup. C’est bien simple, toute l’histoire de l’humanité, autant que nous la savons, n’est que l’histoire du passage de la vie nomade à une vie de plus en plus sédentaire. Ne s’ensuit-il pas que la forme de vie la plus sédentaire (la nôtre) est en même temps la plus parfaite ? Les hommes n’ont voyagé d’un bout du monde à l’autre qu’aux époques préhistoriques, aux temps des nations, des guerres, du commerce, de la découverte des deux Amériques. Qui, à l’heure actuelle, a besoin de tout cela ?

Je veux bien que l’habitude de cette vie sédentaire n’ait pas été acquise sans peine, ni d’un seul coup. Lorsque, au temps de la Guerre de Deux Cents ans, toutes les routes ont été détruites et se sont recouvertes d’herbe, vivre dans des villes séparées l’une de l’autre par des immensités vertes a paru au début très incommode. Mais après ? Après que l’homme eut perdu sa queue, il n’a pas dû apprendre en un jour à chasser les mouches sans l’aide de celle-ci et cependant, maintenant, pouvez-vous vous voir avec une queue ? Ou bien, si vous voulez, pouvez-vous vous représenter nu, sans « jaquette », dans la rue ? (Il se peut que vous vous engonciez encore dans ces vêtements.) C’est exactement la même chose pour moi, je ne peux me représenter la Ville non entourée du Mur Vert, je ne peux m’imaginer une vie que ne recouvrent pas les vêtements chiffrés des Tables.

Les Tables… Collés sur le mur de ma chambre, leurs chiffres pourpres sur fond or me regardent d’un air à la fois sévère et tendre. Ils me rappellent malgré moi ce qu’autrefois on appelait l’« icône » et me donnent envie de composer des vers, ou des prières, ce qui revient au même. Ah ! que ne suis-je poète pour vous chanter comme vous le méritez, ô Tables, cœur et pouls de l’État Unique ! »

26 novembre 2010

l’Union Européenne – Le nouveau soviétisme

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« Il est étonnant qu’après avoir enterré un monstre l’URSS on en construise un autre tout semblable, l’Union Européenne. Qu’est-ce au juste l’UE ?

Nous le saurons peut-être en examinant sa version Soviétique. L’URSS était gouvernée par quinze personnes non élues qui se cooptaient mutuellement et n’avaient à répondre à personne. L’UE est gouvernée par deux dizaines de gens cooptés qui se réunissent à huit clos, ne répondent à personne et ne sont pas limogeables. On pourrait dire que l’UE a un parlement élu. L’URSS aussi avait une espèce de parlement, le Soviet Suprême. Nous avalisions sans discussion les décisions de Politburo tout comme le Parlement Européen, où le temps de parole de chaque groupe est rationné et souvent se limite à une minute par intervenant. A l’UE, il y a de centaines de milliers d’eurocrates avec leurs émoluments énormes, leurs personnel, leurs larbins, leurs bonus, leurs privilèges, leurs immunité judiciaire à vie, simplement transférés d’un poste à un autre quoi qu’ils fassent bien ou mal.

N’est-ce pas l’URSS tout crachée ? L’URSS fut créée par la contrainte, très souvent avec occupation armée. On est en train de créer l’UE pas par la force armée, non, mais par la contrainte et la terreur économique.

Pour continuer d’exister, l’URSS s’est étendue toujours plus loin. Dès qu’elle a cessée de s’étendre elle a commencé à s’écrouler.

Je soupçonne qu’il en sera de même pour l’UE.

On nous avait dit que le but de l’URSS était de créer une nouvelle entité historique, le peuple soviétique. Il fallait oublier nos nationalités, nos traditions et nos coutumes.

Même chose avec l’UE, semble-t-il. Ils ne veulent pas que vous soyez anglais ou français. Ils veulent faire de vous tous une nouvelle entité, des Européens, réprimer vos sentiments nationaux et vous forcer à vivre en communauté multinationale. 73 ans de ce système en URSS se sont soldés par plus de conflits ethniques que nulle par ailleurs au monde.

Un des buts grandioses de l’URSS était de détruire les états nations. C’est exactement ce que nous voyons en Europe aujourd’hui. Bruxelles a l’intention de phagocyter les états nations pour qu’ils cessent d’exister. Le système soviétique était corrompu du haut jusqu’en bas. C’est la même chose pour l’UE

Les activités antidémocratiques que nous voyions en URSS fleurissent en UE. Ceux qui s’y opposent ou les dénoncent sont bâillonnés ou punis. Rien n’a changé.

En URSS nous avions le goulag, je crois qu’on l’a aussi dans UE. Un goulag intellectuel nommé « politiquement correct ». Essayez de dire ce que vous pensez sur des questions de race ou de sexualité, et si vos opinions ne sont pas les bonnes, vous serez ostracisé. C’est le commencement du goulag. C’est le commencement de la perte de votre liberté.

En URSS on pensait que seul un état fédéral éviterait la guerre. On vous raconte exactement la même chose dans l’UE. Bref, c’est la même idéologie dans les deux systèmes. L’UE est le vieux modèle soviétique habillé à l’occidentale. Mais comme l’URSS, l’UE porte en elle les germes de sa propre perte. Hélas, quand elle s’écroulera, car elle s’écroulera, elle laissera derrière elle une immense destruction et de gigantesques problèmes économiques et ethniques. L’ancien système soviétique était irréformable, de même l’UE.

Mais il y a une alternative à être gouverné par deux dizaines de ronds-de-cuir à Bruxelles. L’indépendance.

Vous n’êtes pas forcé d’accepter ce qu’ils vous réservent.

On ne vous a jamais demandé si vous vouliez vous joindre à eux.

J’ai vécu dans votre futur et ça n’a pas marché. »

Vladimir Bukovski , écrivain et conférencier

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