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LE GÉANT S’EFFONDRE : La Vérité sur Ceux qui nous Dirigent et comment tout arrêter
Je vois qu’on s’entendait admirablement (84)
Je vois qu’on s’entendait admirablement… d’accord sur tout !… la célébration de la Victoire place de la Défense, toutes les délégations d’Europe autour de la formidable statue, dix fois plus grosse, large, haute, que la « Liberté » de New York ! quelque chose ! l’Aède à l’Honneur et sa barbe !
C’est à ce moment-là, je ne sais pourquoi, qu’ils se sont mis à ne plus s’entendre. Chateaubriant réfléchissait. Abetz aussi. Hoffmann aussi. je disais rien. Chateaubriant rompt le silence. il a une idée !.
« Vous ne trouvez pas, mon cher Abetz, que pour un tel événement ? l’Opéra de Berlin ? l’Opéra de Paris ? les deux orchestres ?
— Certainement ! certainement mon cher !
— La Chevauchée des Walkyries ! le seul air ! oh ! le seul air ! celui-là ! »
Nous étions aussi d’accord ! tout à fait ! la Chevauchée !
Mais voilà qu’il nous la siffle ! la Walkyrie !. et faux ! la Chevauchée !. il la chantonne. encore plus faux !. il mime la trompette avec son piolet ! de sa bouche au lustre ! comme s’il en soufflait !. tant qu’il peut !. Abetz se permet un mot.
« Chateaubriant ! Chateaubriant ! je vous prie ! permettez-moi !. la trompette seulement sur le do !. final ! final ! pas sur le sol ! ce sont les trombones sur le sol ! pas de trompettes. pas la trompette, Chateaubriant !
— Comment, pas la trompette ? »
Là, je vois un homme qui se déconcerte !. d’un seul coup ! le piolet lui tombe des mains. une seconde, sa figure change tout pour tout !. cette remarque !. il est comme hagard !. c’est de trop !. il était en plein enthousiasme. il regarde Abetz. il regarde la table. attrape une soucoupe. et vlang ! y envoie ! et encore une autre !. et une assiette !. et
un plat !… c’est la fête foraine ! plein la tête ! il est remonté ! tout ça va éclater en face contre les étagères de vaisselle ! parpille en miettes et vlaf !… ptaf !… partout ! et encore ! c’est du jeu de massacre !… le coup de sang d’Alphonse ! que ce petit peigne-cul d’Abetz se permet que sa Walkyrie est pas juste ! l’arrogance de ce paltoquet ! ah célébration de la Victoire ! salut !… ptaf ! vlang ! balistique et têtes de pipes !… il leur en fout !… fureur, il se connaît plus ! si ils planquent leurs têtes l’Abetz et Hoffmann ! l’autre bord ! sous la table ! sous la nappe ! pvlaf ! beng ! la vaisselle leur éclate partout ! le service en prend !. je le reconnais plus du coup de sang ! il est hérissé, positif ! les cheveux la barbouse hérissés de colère ! qu’ils y ont trouvé sa trompette fausse !… sûrement y avait quelque chose entre eux déjà, sûrement !. j’avais entendu parler qu’ils s’en voulaient pour le loyer de leur Chalet en Forêt Noire. qu’Abetz voulait plus payer. sa femme plutôt, Suzanne. trompette, Walkyries, Charlemagne étaient pas la vraie raison de cet extravagant accès. c’était autre chose, plus sérieux, enfin d’une façon. toujours je voyais là l’Alphonse, lui toujours si poli, mondain, tourné lui-même Walkyrie !. tout y avait passé ! toute la pièce ! tous les bibelots !. un coup de raptus émotif ! la folie ! si Myrta sa chienne avait pas pris d’un coup si peur et aboyé soudain si fort ! tout ce qu’elle pouvait ! Myrta l’épagneule d’Alphonse. ouah ! ouah ! et qu’elle se sauve ! Alphonse la rappelle !. elle est déjà loin !. il se précipite. il dégringole l’escalier. Myrta ! Myrta ! Abetz, Hoffmann crient après lui ! « Chateaubriant !
Chateaubriant ! ». je profite vous pensez pour me sauver ! si je déboule aussi ! je prends pas l’ascenseur !. il fait tout noir devant le Château. c’est l’alerte !. toujours c’est l’alerte ! et comment !. je trouve Alphonse là sur le trottoir, sa Myrta a pas été loin ! si elle est heureuse d’être sortie ! elle fait la fête à son bon maître. je le vois pas le bon maître, il fait trop noir, noir total. mais il me parle, et sa voix reste tout étranglée !. de l’émotion encore, la colère !. le bombardement par assiettes !. qu’est-ce qu’il a cassé comme plats !. lui toujours plutôt
précieux, cérémonieux, plein de bonnes façons, je l’ai vu d’un seul coup ! barbare total !
« Eh bien, Chateaubriant ! eh bien ?
— Oh ! cher Céline !… mon cher Céline ! »
Il est redevenu chaleureux.
Il me saisit les mains, il me les serre. il a besoin d’affection.
« Aucune importance, voyons ! aucune importance !
— Vous croyez Céline ? Vraiment vous pensez ?
— Allons ! allons ! une plaisanterie !
— Vous croyez Céline ?
— Mais je suis certain ! n’y pensez plus !
— Tout de même combien vous croyez d’assiettes ? »
Il a pas que cassé des assiettes ! toute la vaisselle et les soupières ! il y a pas été de main morte ! il s’est pas vu en action : le véritable maelstrom ! brong ! vrang ! contre les autres étagères en face, les autres porcelaines ! le pire c’est que c’étaient des merveilles, « service complet », Dresde d’époque !… ils avaient eu ça de chez Gabold, le troisième étage tout en Dresde. marqueteries et fines porcelaines. tout du pur Saxe.
A suivre








