J’avais perdu l’ami qui jamais ne vous blesse,
Qui vous ouvre son cœur en vous ouvrant ses bras,
Vous reproche un écart d’une voix qui caresse, ―
Et s’attache toujours comme une ombre à vos pas.
J’avais vu se voiler l’astre de la sagesse,
Dont les feux si longtemps me montrèrent le port…
Et j’étais resté seul, seul avec ma tristesse,
Seul avec le froid de la mort.
La voix qui me disait jadis : « Prie, aime, espère »,
S’était évanouie, et pour toujours, hélas !
Et je n’entendais plus, penché sur toi, mon père,
Que les plaintes du vent et les sanglots du glas.
Et lorsque ton cercueil disparut sous la terre,
Dans le gouffre implacable où nul rayon n’a lui,
Je crus que tout mon être au fond du cimetière
S’ensevelissait avec lui.
Depuis lors je supplie en vain Dieu qu’il m’exauce,
Je lui demande en vain la joie et le repos ;
Je pleure, et je voudrais qu’en la nuit de ta fosse
Un de mes pleurs coulât, pour y baiser tes os.
L’amour que je te garde à tout saura survivre,
Fera battre toujours mon cœur inconsolé…
Né le 29 février 1912 il aurait eu 100 ans aujourd’hui…
Sa chanson préférée
