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26 septembre 2021

Le premier jour de la classe

Publié par ditchlakwak dans Les coups de coeur de Lakwak

« Le premier jour de la classe, le professeur de faculté de droit est entré. La première chose qu’il a faite a été de demander le nom d’un étudiant assis au premier rang :
- Comment t’appelles-tu ?…
- Je m’appelle Nelson.
- Sors de ma classe et ne reviens jamais ! lui a-t-il ordonné.
Nelson était confus. Le professeur se dirigeait vers lui, il s’est levé rapidement, a rassemblé ses affaires et a quitté la salle de classe.
Tout le monde était effrayé et scandalisé mais personne ne parlait.
- Très bien !… Commençons. À quoi servent les lois ?… a demandé le professeur.
Les étudiants avaient encore peur, mais lentement, ils ont commencé à répondre à la question.
- Pour avoir un ordre dans notre société.
- Non !… Non !…
- Pour que les gens qui se trompent paient pour leurs actes.
- Non !… Non !… Quelqu’un connaît-il la réponse à cette question ?….
- Pour que justice soit faite, a parlé timidement une jeune fille.
- Enfin !… La justice !… Mais qu’est-ce que la justice ?!!…
Tout le monde commençait à s’énerver contre l’attitude du professeur. Cependant, ils ont continué à répondre.
- Pour protéger les droits du peuple…
- D’accord. Mais encore ?…
- Pour différencier le bien du mal, pour récompenser ceux qui font le bien…
- D’accord… alors réponds à cette question, est-ce que j’ai bien agi quand j’ai viré Nelson de la classe ?…
Tout le monde était silencieux, personne n’a répondu.
- Je veux une réponse unanime !…
- NON !…
Ils ont répondu d’une seule voix.
- Pourrait-on dire que j’ai commis une injustice ?…
- Oui !…
- Et pourquoi personne n’a rien fait à ce sujet ? Pourquoi voulons-nous des lois et des règles si nous n’avons pas la volonté de les pratiquer?…. Chacun de vous a l’obligation de parler lorsque vous êtes témoin d’une injustice. Tous !… Tous !… Ne vous taisez plus jamais!…
Allez chercher Nelson. Après tout, c’est lui le professeur, je suis d’une autre période.
Vous savez, quand nous ne défendons pas nos droits, la dignité est perdue, et la dignité ne peut être négociée ».

Doris Carrier

26 septembre 2021

Giolì & Assia – #AcousticSession of Moon Faces EP @Lago Maulazzo [Handpan and Piano]

Publié par ditchlakwak dans "Musi-Kwak"
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26 septembre 2021

Mort à crédit (162) *

Publié par ditchlakwak dans "Mort à crédit" par Louis Ferdinand Céline

 

Il avait le goût de l’entreprise et puis le béguin des inventions… de toutes les trouvailles mécaniques, ça le turlupinait… Les quatre mille francs de son héritage, il les avait tout de suite placés dans un brevet de pompe à vélo, un système tout à fait récent, qui se repliait si menu qu’on pouvait le garder dans sa poche… Il en avait comme ça au moins toujours deux ou trois sur lui, prêts à démontrer. Il les soufflait dans le nez des gens… Il avait bien failli les perdre ses quatre mille francs dans l’aventure. Les vendeurs c’étaient des coquins… Il s’en était sorti quand même grâce à son esprit démerde et puis par un coup de téléphone… une conversation surprise au dernier moment !… Une bénédiction inouïe ! Un poil de plus ? Il était fait !…
Ma mère l’admirait mon oncle. Elle aurait voulu que je lui ressemble… Il me fallait tout de même un modèle !… Mon oncle, à défaut de mon père, c’était encore un idéal… Elle me disait pas ça crûment, mais elle me faisait des allusions… Papa, c’était pas son avis, qu’Édouard ça soye un idéal, il le trouvait très idiot, complètement insupportable, mercantile, d’esprit extrêmement vulgaire, toujours à se réjouir de conneries… Avec ses fourbis mécaniques, son bazar automobile, ses tricars, ses pompes biscornues, il lui portait sur les nerfs !… Il l’agaçait terriblement… Et rien qu’à l’entendre causer !…
Quand maman, ça lui arrivait de faire les éloges de son frère, de raconter devant tout le monde ses entreprises, ses réussites, ses astuces, alors elle se faisait interrompre… Il tolérait pas ! Non ! Il était buté sur son compte… Il attribuait tout à la Chance !… « Il a une veine insolente et puis voilà tout ! » Papa, c’était son verdict. Il en disait pas davantage… Il pouvait pas l’abîmer plus, on lui devait encore des emprunts et de la reconnaissance… Mais il se retenait pour pas l’agonir… Édouard, il devait bien se rendre compte… C’était tout de même évident… Il endurait l’antipathie, il voulait rien envenimer, il pensait toujours à sa sœur…
Il agissait très discrètement, il passait juste un petit instant pour demander des nouvelles… Si maman allait un peu mieux ? Il restait tout préoccupé à cause de sa mine affreuse, et des fardeaux, des monuments qu’elle bourlinguait à « la sauvette »… Elle en restait après ça des journées entières toute gémissante et perdue… Ça le souciait lui de plus en plus… Comme son état empirait, à la fin, il s’est décidé, il en a causé à mon père… À force de parler ensemble, de discuter tous les trois, ils sont tout de même tombés d’accord qu’il était grand temps qu’elle se repose… que ça pouvait plus continuer… Mais la reposer comment ? Ils ont découvert un moyen… qu’on prendrait une femme de ménage, par exemple, deux, trois heures par jour… ça serait déjà un soulagement… Elle monterait beaucoup moins les étages… Elle balayerait plus sous les meubles… Elle ferait plus les commissions… Mais, dans notre état actuel, c’était une dépense impossible !… C’était une folie, un projet en l’air ! Ça deviendrait seulement faisable que si moi je trouvais du boulot… Alors, avec ce que je gagnerais, qui tomberait quand même dans la caisse, on pourrait peut-être, le terme payé, envisager la bon-niche… Ça donnerait à maman de la marge… Elle se décarcasserait plus autant, elle aurait moins à cavaler… Ils avaient trouvé ça tout seuls… Ça leur plaisait comme décision… Ça faisait appel à mon bon cœur ! On allait me mettre à l’épreuve. C’était fini d’être égoïste, pervers, insolite… J’allais avoir aussi mon rôle, mon but dans la vie ! Soulager maman !…
Presto ! charger, foncer sur un business ! Ah ! Ah ! Aussitôt qu’on aurait douillé mon costard ad hoc… Piquer rapidos une embauche ! Et en avant la performance ! Plus d’erreurs ! Plus de tortillages ! La musique ! Plus de questions ! La valeur individuelle ! La persévérance ! J’en manquerais pas, Nom de Dieu ! C’était un but admirable ! Je croyais déjà que c’était fait !…

A suivre

21 septembre 2021

Lotus Unfolding | Malte Marten | Ayasa

Publié par ditchlakwak dans "Musi-Kwak"
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19 septembre 2021

Mort à crédit (161) *

Publié par ditchlakwak dans "Mort à crédit" par Louis Ferdinand Céline

 

À Chatou, là sur les lieux, elle s’est débrouillée tout de suite… Elle a resquillé un tréteau derrière la mairie, elle s’est planquée près de la gare, en bonne position. Elle a distribué toutes ses cartes pour faire connaître le magasin. L’après-midi, elle s’est remise à bagotter, surchargée comme un mulet, un peu partout dans le pays, à la recherche des villas où pouvaient nicher des clientes… En rentrant le soir, au Passage, elle en pouvait plus d’épuisement, elle souffrait à en hurler tellement que sa jambe était racornie par les crampes et puis son genou tuméfié, sa cheville surtout toute disloquée par des entorses… Elle s’est aplatie dans ma chambre en attendant que mon père revienne… Elle s’appliquait de l’eau sédative… des compresses bien froides.
Comme ça dans les virées de banlieue, elle soldait à la « sauvette » aux chalands pour faire du liquide… On en avait si grand besoin… « Pour ne pas remporter ! » qu’elle prévenait… Il est venu à la boutique à peine deux, trois personnes, tout le temps qu’elle était partie… C’était donc encore plus commode qu’on ferme tout franchement la lourde et que je l’accompagne en banlieue, que je porte moi ses plus gros paquessons. On avait plus Mme Divonne pour répondre pendant les absences, on a suspendu dans la porte l’écriteau : « Je reviens de suite. » On a emporté le bec-de-cane.
L’oncle Édouard, c’est pas du ballon, il l’aimait réellement sa sœur, ça lui faisait un chagrin extrême de la voir comme ça souffrir, dépérir, et pâtir de plus en plus à force de travail et de peines… Sa santé l’inquiétait beaucoup, le moral aussi… Il pensait tout le temps à elle. Les lendemains de Chatou, elle pouvait plus tenir en l’air, toute sa figure ratatinait par la souffrance de sa jambe. Elle en gémissait comme un chien, toute tordue sur le lino même… À plat par terre qu’elle s’étendait quand mon père était sorti. Elle trouvait ça plus frais que la plume. Si en rentrant du bureau, qu’il la surprenne comme ça, défaite, exténuée, en train de se masser la guibolle dans l’eau de la bassine, ses jupes retroussées au menton, il grimpait dare-dare au troisième, il faisait semblant de pas l’avoir vue, il ne faisait qu’un bond, il passait comme un éclair. Il fonçait sur sa mécanique ou bien sur ses aquarelles… On en vendait toujours un peu, surtout ses « Bateaux à voiles » une grande collection et les « Conciles des Cardinaux »… Les plus vivaces comme couleurs !… Infiniment chatoyants… Ça fait toujours bien dans une pièce. C’était le moment qu’il se démerde… On attrapait la fin du mois… Pour compenser nos fermetures de la journée, pendant nos virées à travers Chatou, nous restions ouverts assez tard… Les gens se promenaient après dîner… Surtout au moment des orages… Si il survenait un client, ma mère planquait vite sa cuvette, tous ses tampons, d’un coup prompt, dessous le divan du milieu… Elle se redressait dans un sourire… Elle amorçait la parlote… Autour du cou, je me souviens bien qu’elle se passait un gros chou de mousseline… C’était la coquetterie de l’époque… Ça lui faisait une vraiment grosse tête.
L’oncle Édouard, aussi dans son genre, il se donnait un mal terrible, mais il devait pas le regretter, il obtenait des résultats… Il réussissait de mieux en mieux dans sa partie, la bricole… les accessoires de bicyclette… Ça devenait une très bonne affaire, et même excellente. Bientôt, il pourrait s’acheter une part de garage, à la sortie de Levallois, avec des amis sérieux.

A suivre

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